Asie-Pacifique
Partager
S'abonner
Ajoutez IDJ à vos Favoris Google News

La vie tranquille de « La Fille du konbini »

C’est avec douceur et réconfort que la réalisatrice japonaise Yûho Ishibashi fait le portrait d’une jeune fille en fleur, qui va éclore dans un autre monde possible.

A seulement 24 ans, Nozomi a déjà pris la décision de changer de vie après un burn-out.

Nozomi Iizuka est une jeune fille solitaire, qui vit seule dans son petit appartement, y dîne toute aussi seule des plats de nouilles au micro-ondes, et n’a guère de vie sociale en-dehors de son petit boulot. Jouée par Erika Karata (vue dans « Asako »), elle est « La Fille du konbini », film de la réalisatrice japonaise Yûho Ishibashi  (sortie le 15 avril). Une demoiselle de seulement 24 ans, mais qui a déjà pris la décision de changer de vie après un burn-out.

Elle a préféré démissionner de son emploi valorisant de commerciale dans une agence de pub, trop de pression, « trop d’heures sup », a remisé dans le dressing son tailleur d’employée de bureau, et enfile chaque jour à la place une blouse jaune et orange de caissière dans une supérette, un konbini. Un boulot peu palpitant, assez monotone, plutôt du genre job d’étudiant, mais où elle est déchargée de toute charge mentale, si ce n’est supporter la mauvaise humeur d’un client désagréable, et où collègues et patron sont plutôt agréables.

« On ne peut pas vivre sans se tromper »

Plutôt que de continuer un boulot intéressant, mais stressant, la jeune fille a accepté un job de caissière dans une supérette, un konbini.

C’est dans ce magasin qu’une cliente la reconnait, une ancienne élève du même collège ; les deux jeunes femmes papotent, se revoient, vont dîner, jouer au bowling, et sa nouvelle amie la rassure : « On ne peut pas vivre sans se tromper », ce qui finalement n’est pas si grave. Nozomi fait ainsi un lent retour vers une vie désormais tranquille, paisible et choisie : elle répare enfin sa tringle à rideaux cassée, s’essaye à cuisiner, informe sa mère de sa démission six mois plus tard, celle-ci n’en faisant d’ailleurs pas toute une affaire.

« La Fille du konbini » évoque ainsi les difficultés d’adaptation des jeunes adultes à la vie professionnelle, leur apprentissage à la vie tout court. Et C’est avec douceur et réconfort que la réalisatrice fait ainsi le portrait d’une jeune fille en fleur, qui va éclore dans un autre monde possible, prête à traverser le symbolique pont de son quartier vers un futur supportable.

Patrick TARDIT

« La Fille du konbini », Film de Yûho Ishibashi (sortie le 15 avril).

Asie-Pacifique