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Ukraine : Macron, Merz et Burnham resserrent les rangs face à une Russie

La coalition des volontaires pour l’Ukraine se réunit ce lundi 24 août, jour du 35e anniversaire de l’indépendance ukrainienne. Une rencontre placée sous le signe de l’urgence : sur le terrain, les combats s’intensifient et Moscou prépare une nouvelle mobilisation, tandis qu’à Kiev, Volodymyr Zelensky vient d’écarter toute perspective d’élection en pleine guerre.

La coalition des Volontaies à l'Elysée (Palais de l'Elysée)
La coalition des Volontaies à l’Elysée (Palais de l’Elysée)

Une réunion sous haute pression diplomatique

Selon un communiqué de l’Élysée diffusé vendredi 21 août, la coalition des volontaires — une alliance internationale de soutien à l’Ukraine née en mars 2025 à l’initiative du président tchèque Petr Pavel — se réunira ce lundi à 13 heures en format hybride, avec la participation de Volodymyr Zelensky. La séance sera coprésidée par Emmanuel Macron, en visioconférence, le chancelier allemand Friedrich Merz et, pour la première fois, le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham. Une dizaine de dirigeants, dont le président du Conseil européen Antonio Costa, devraient se trouver à Kiev aux côtés du chef de l’État ukrainien, tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ne devrait pas y assister en personne.
D’après un responsable européen cité par plusieurs agences, les discussions devraient porter en priorité sur le renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne, alors que le pays manque d’intercepteurs face aux frappes russes. L’Élysée indique que les dirigeants réaffirmeront « leur détermination à renforcer la pression exercée sur la Russie » et poursuivront leur coordination sur les mesures visant à assécher les ressources finançant l’effort de guerre russe, notamment via la lutte contre la « flotte fantôme » utilisée par Moscou pour contourner les sanctions pétrolières. La réunion doit également faire avancer les travaux sur les garanties de sécurité destinées à asseoir une paix « juste, robuste et durable », dans la continuité de la déclaration de Paris du 6 janvier 2026.

Sur le terrain, Moscou prépare une nouvelle mobilisation

La rencontre intervient alors que la guerre connaît une phase d’intensification. Volodymyr Zelensky a affirmé ce week-end devant la presse que la Russie prévoyait de mobiliser 300 000 hommes supplémentaires sur le front ukrainien après les élections législatives russes prévues du 16 au 20 septembre, avec l’objectif d’atteindre à terme 500 000 hommes recrutés. Le président ukrainien a évoqué une « mobilisation périphérique », qui épargnerait les grandes villes russes mais resterait, selon lui, difficile à dissimuler. Il a également fait état d’un objectif russe de production annuelle d’environ 1 300 missiles balistiques, quand l’Ukraine ne devrait recevoir cette année que 264 missiles intercepteurs, contre 364 en 2025 et 675 en 2023 — un recul que Kiev tente de compenser par de nouveaux accords, dont la livraison d’au moins un système antiaérien SAMP/T par la France et d’environ 600 missiles par l’Allemagne.
Ces annonces font écho à des informations de terrain convergentes : les bilans militaires des dernières semaines font état de combats intenses sur les fronts de Zaporijjia, Kherson, Dobropillya et dans l’oblast de Dnipropetrovsk, ainsi que d’échanges de corps de soldats tombés au combat entre les deux camps. Ces éléments proviennent de sources ukrainiennes et russes, dont les bilans respectifs sont invérifiables de façon indépendante et doivent être considérés avec prudence.

Repères

Créée en mars 2025 à l’initiative du président tchèque Petr Pavel, puis structurée sous l’impulsion de la France et du Royaume-Uni, la coalition des volontaires regroupe une trentaine de pays soutenant Kiev. Elle s’est notamment réunie en sommet à Paris le 13 juillet 2026, à la veille du défilé du 14-Juillet, dans la continuité du G7 d’Évian et de la déclaration de Paris du 6 janvier 2026.

Zelensky exclut des élections « qui détruiraient le pays »

Sur le plan intérieur, Volodymyr Zelensky a par ailleurs répondu, pour la première fois, à l’appel à des élections lancé la semaine dernière par son ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, limogé fin juillet dans un contexte de vives protestations. Dans des propos tenus samedi et rendus publics dimanche, le président ukrainien a jugé qu’organiser un scrutin en temps de guerre, sans cessation majeure des hostilités, reviendrait à « détruire le pays en fracturant la société », qualifiant l’hypothèse de « tsunami ». La loi ukrainienne interdit la tenue d’élections sous la loi martiale, en vigueur depuis le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle en février 2022 ; le mandat présidentiel de M. Zelensky a par ailleurs expiré en mai 2024.
M. Zelensky a mis en avant les obstacles pratiques qu’un tel scrutin devrait surmonter — vote des militaires mobilisés, des millions de réfugiés à l’étranger et des habitants des territoires occupés par la Russie. Selon une analyse de CNN, un vote incomplet ou contesté offrirait un argument à Moscou, qui utilise déjà l’interdiction légale des élections en temps de guerre pour mettre en cause la légitimité du président ukrainien, tandis que le processus électoral russe lui-même n’est pas considéré comme libre par les observateurs occidentaux. Les favoris des sondages évoqués pour une éventuelle élection seraient l’ancien chef d’état-major Valery Zaloujny et M. Fedorov lui-même.

Deux fronts pour Kiev : militaire et politique

La convergence de ces deux dossiers — soutien militaire international et débat sur la légitimité démocratique du pouvoir ukrainien en temps de guerre — place la réunion de lundi sous un éclairage particulier. Pour les Occidentaux réunis autour d’Emmanuel Macron, il s’agit de démontrer la solidité de leur engagement à un moment où Moscou mise sur l’épuisement de Kyiv avant l’hiver et où la question des garanties de sécurité reste, pour l’instant, sans traduction concrète sur un cessez-le-feu.

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