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France 2026 : la croissance en berne, l’inflation à 4 %, l’immobilier en recul

Dans sa dernière intervention hebdomadaire, l’économiste Marc Touati dresse un tableau sombre de l’économie mondiale et française pour 2026, pointant la responsabilité des gouvernants dans le déni persistant de la réalité.

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Un choc pétrolier qui ralentit la croissance mondiale

L’indicateur composite des directeurs d’achat (PMI) mondial est tombé à 51, son plus bas depuis onze mois, sous l’effet d’un choc pétrolier marqué. Le baril, qui évoluait autour de 70 dollars avant le déclenchement du conflit, a culminé à 118 dollars fin mars avant de se stabiliser autour de 99 dollars. Marc Touati prévoit une croissance mondiale aux alentours de 1 % pour 2026, un niveau très inférieur aux 3 % habituels.
Plusieurs grandes économies sont d’ores et déjà en contraction : le Brésil, l’Italie, la Russie, l’Australie, le Canada et la France affichent des indices inférieurs à 50, seuil symbolique qui marque l’entrée en récession de l’activité.

L’inflation française attendue à 4 %, le chômage à 9 %

Selon les projections de Marc Touati, l’inflation française devrait atteindre 4 % d’ici décembre 2026 — contre environ 2,5 % actuellement — sous l’effet des répercussions du pétrole sur l’ensemble des biens et services. Cette tendance est partagée par la plupart des grandes économies : Allemagne (4,2 %), zone euro (4,3 %), États-Unis (4,8 %), Royaume-Uni (4,8 %).
En France, la croissance du PIB ne dépasserait pas 0,4 % en 2026, après 0,9 % en 2025. Le taux de chômage remonterait à 9 %, tandis que le déficit public atteindrait 6 % du PIB et la dette publique 122 %. L’économiste rappelle que la dépense publique a progressé de 700 % depuis 1980, contre 567 % pour le PIB en valeur — un écart qu’il juge « inadmissible ».

L’immobilier sous pression : des baisses de 10 à 15 % anticipées

Après une première correction limitée à environ 5 % depuis le pic de 2022, les prix de l’immobilier ancien devraient selon l’économiste reculer de 10 à 15 % supplémentaires en 2026. Plusieurs facteurs convergent : la hausse des taux d’intérêt (le taux à 10 ans français a atteint 3,89 %, au plus haut depuis 2011), le durcissement des conditions de crédit, la baisse du pouvoir d’achat des ménages et un facteur démographique inédit.
Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances. Ce renversement structurel, en réduisant mécaniquement la demande de logements tout en augmentant l’offre, pèsera durablement sur les prix. Marc Touati conseille d’attendre avant d’acheter, sauf dans le cas d’une résidence principale à prix attractif.

Moody’s dans le viseur : une note jugée « non crédible »

Marc Touati s’en prend vivement à l’agence de notation Moody’s, qui a choisi de maintenir la note souveraine de la France malgré un déficit public qu’il qualifie de « catastrophique ». Selon lui, les marchés eux-mêmes n’ont pas validé cette décision, les taux longs français restant obstinément élevés avec près de 100 points de base d’écart par rapport aux taux allemands sur le 30 ans.
Il rappelle que la France a violé le critère des 3 % de déficit public lors de 21 des 27 années d’existence de la zone euro, un record parmi les grandes économies européennes. Face à une charge d’intérêt qui devrait atteindre 75 milliards d’euros en 2026, l’économiste juge inévitable une dégradation de la note à terme.
Marc Touati est économiste et président du cabinet ACDEFI. Cette synthèse est issue de son intervention vidéo hebdomadaire du 14 avril 2026.

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