Monde
Partager
S'abonner
Ajoutez IDJ à vos Favoris Google News

Covid : les vaccins immunisent-ils vraiment ?

Les vaccins administrés contre la Covid-19 ne sont pas efficaces à 100%, loin s’en faut. Analyses et comparaisons.

Bernard Aubin

Par Bernard aubin

Dans l’inconscient collectif, une personne vaccinée est protégée contre la maladie concernée. C’est d’ailleurs la définition qu’en donne le Larousse : « substance d’origine qui, administrée à un individu ou à un animal, lui confère l’immunité à l’égard de l’infection déterminée par les microbes mêmes dont elle provient et parfois à l’égard d’autres infections ». Jusque-là, les choses paraissent claires : sauf cas exceptionnel, une personne vaccinée serait donc totalement protégée de la maladie.

Dans les landes

Mais dans les faits, même les vaccins réputés les plus efficaces contre le coronavirus ont démontré leurs limites… et surtout celles de la définition du dictionnaire. Ainsi, sept résidents d’un EHPAD alsacien ayant bénéficié de la double injection du traitement Pfizer ont finalement contracté la maladie. « Le vaccin est une bonne protection mais la probabilité de développer la maladie n’est pas nulle », explique le docteur Stéphane Gayet, infectiologue et hygiéniste, qui précise que les personnes âgées « ont une immunité qui décline… ». Soit. Ceux qui espéraient que la vaccination constituait un rempart infranchissable en sont pour leur compte.
Plus grave, la situation dans les Landes : dans l’Ehpad Léon Dubédat de Biscarrosse, ce sont cette fois quinze résidents et huit membres du personnel qui ont été contaminés, toujours malgré la double injection Pfizer. Il s’agirait d’un variant anglais introduit par « une personne extérieure non-vaccinée », selon le Directeur de l’ARS. L’organisme précise que « si la vaccination protège des formes sévères et graves de la maladie, elle n’empêche pas de développer la maladie sous une forme asymptomatique ou de transmettre le virus ». Approche partagée par Stéphane Gayet : « Le vaccin est une bonne protection mais la probabilité de développer la maladie n’est pas nulle, explique Stéphane Gayet ».

L’hygiène des mains!

En résumé, contrairement à ce que la majorité d’entre nous pense, le risque de contracter le coronavirus reste bien réel malgré la vaccination. L’infectiologue préconise d’ailleurs le maintien d’ « un strict respect du port du masque, des distances physiques et de l’hygiène des mains » pour « limiter la quantité de charges virales qui peuvent être reçues et donc là encore, limiter les risques de développer des formes graves de la maladie ».
En résumé, si la vaccination jouera effectivement un rôle incontournable dans la lutte contre la Covid et le retour à une vie « normale », les gestes barrières et autres mesures de distanciation conserveront encore de beaux jours devant eux. Mêmes vaccinés, nous pourrons demeurer porteur du virus et tomber malade mais, a priori, sous une forme moins grave que sans avoir bénéficié du traitement. Peut-être la définition du dictionnaire devrait-elle évoluer ?

Comparaison entre les vaccins

Pour être complet, comparons les performances des différents vaccins présents sur le marché (chiffres Vidal 26/03/21) :
Le vaccin COMIRNATY (laboratoires Pfizer/BioNTech et mRNA-1273 des laboratoires ModeRNA) affiche une efficacité de 95 % pour prévenir les formes symptomatiques légères à modérées de COVID-19 chez les personnes n’ayant jamais été infectées par SARS-CoV-2. L’efficacité apparaît rapidement avec un taux de protection de 52,4 % dès la première injection. Les résultats présentés ne peuvent pas encore confirmer l’efficacité de ce vaccin contre les formes graves de COVID-19, ni contre les formes sans symptômes (asymptomatiques), ni chez les personnes de plus de 75 ans.
Le vaccin ModeRNA semble également d’une grande efficacité plus de 14 jours après la seconde injection (94,1 % de taux de protection sur l’ensemble des données analysées) pour prévenir les formes symptomatiques légères à modérées de COVID-19 chez les personnes n’ayant jamais été infectées par SARS-CoV-2. L’efficacité apparaît rapidement avec un taux de protection estimé à 80,2 % un mois après la première injection. Les résultats présentés suggèrent une efficacité contre les formes sévères de COVID-19, mais pas contre les formes asymptomatiques, ni chez les personnes de plus de 75 ans. Comme pour le vaccin précédent, du recul est nécessaire pour évaluer l’efficacité chez ces derniers.

Des cas de thrombose

Le vaccin AstraZeneca semblait lors de sa mise sur le marché un peu moins efficace avec, en moyenne, 70,4 % de protection contre les formes symptomatiques de COVID-19. Des nouvelles données britanniques, obtenues en « vie réelle », suggèrent une efficacité de 94 % chez les plus de 65 ans. Une autre étude, américaine, attribue à ce vaccin une efficacité moyenne de 76 % après les deux injections. Suite à quelques cas de thrombose survenus chez des moins de 50 ans, la Haute autorité de santé (HAS) recommande une utilisation que sur les sujets âgés de 55 ans et plus, soit, actuellement, la très grande majorité des personnes éligibles à la vaccination.
Dernier lancé sur le marché, le vaccin Johnson & Johnson est, pour sa part, administré en une seule injection. Selon les études ayant mené à sa commercialisation, son efficacité apparaît rapidement avec un taux de protection estimé à 66,9 % deux semaines après l’injection (jusqu’à 75 % en l’absence du variant sud-africain). Le vaccin semble avoir une bonne efficacité contre les formes graves (taux de protection d’environ 85 % à partir de 4 semaines après l’injection, y compris en présence du variant sud-africain). A ce jour, les données d’efficacité chez les personnes de 60 ans et plus ayant des comorbidités semblent moins bonnes (64,9 %), mais elles souffrent surtout de faibles effectifs et d’une durée de suivi moins longue.
Les résultats de tous ces vaccins sont susceptibles d’évoluer, les autorités de santé ne disposant pas encore du recul nécessaire pour afficher des données réellement fiables. A étudier aussi, leur efficacité dans le temps et leurs éventuels effets secondaires.

Europe France Monde