Condamnée à deux ans et huit mois de prison, la Dr Bianca Witzschel, médecin généraliste saxonne de 69 ans, relance le débat sur la liberté thérapeutique et l’indépendance médicale en Allemagne. 
Dr Bianca Witzschel (communiqué)
Une carrière détruite, une vie bouleversée
Forte de quarante ans d’expérience, dont vingt-trois ans de pratique libérale à Moritzburg en tant que généraliste et spécialiste en pharmacologie, la Dr Witzschel a vu sa vie basculer le 28 février 2023, lors de son arrestation dans le cadre de l’une des cinq perquisitions menées à son domicile et dans son cabinet. Elle avait alors passé 476 jours en détention provisoire avant l’ouverture de son procès.
À l’issue de 27 audiences s’étalant sur plus de six mois, le tribunal régional de Dresde l’a condamnée le 17 juin 2024. Le jugement est devenu définitif le 19 septembre 2025, après confirmation par la Cour fédérale de justice.
Les faits reprochés : certificats médicaux et accusations annexes
Le tribunal lui reproche d’avoir établi, dans 1 003 cas, des certificats médicaux jugés inexacts : exemptions du port du masque, certificats d’inaptitude à la vaccination, ou encore autorisations de tests salivaires en substitution aux prélèvements nasopharyngés. Ses défenseurs font valoir qu’aucun certificat n’a été délivré sans anamnèse, examen et documentation préalable du patient.
Deux autres chefs d’accusation, vivement contestés, ont alourdi la condamnation. Le premier concerne la fraude : la commande de trois livres pour un montant total de 48 euros, que la prévenue n’aurait prétendument pas eu l’intention de régler. Le second vise la possession d’une arme interdite — en réalité une lampe de poche dotée d’une fonction électrique que l’expert lui-même a reconnue comme non fonctionnelle.
Sa méthode de travail, la diagnostique par biorésonance, utilisée depuis une cinquantaine d’années en médecine naturelle, a par ailleurs été balayée par le tribunal comme une pratique non reconnue scientifiquement.
Des conséquences dévastatrices
Les répercussions sur la vie de la Dre Witzschel vont bien au-delà de la peine de prison. Son autorisation d’exercer lui a été retirée dès 2022 et le sera pour trois années supplémentaires à compter du jugement définitif — soit plus de six ans d’interdiction d’exercer au total. Son matériel informatique, ses appareils médicaux et l’intégralité de ses dossiers patients ont été saisis. Ses comptes bancaires résiliés. Sa maison, dans laquelle était installé son cabinet, a été vendue aux enchères judiciaires en février 2025 pour moins de la moitié de sa valeur réelle, sans qu’elle ait pu y participer ni mandater son avocat.
Ses défenseurs dénoncent également les conditions de sa détention provisoire : présentation menottée et entravée aux pieds, y compris devant le tribunal, périodes d’isolement et restrictions de communication arbitraires avec sa famille et sa défense.
Un contexte politique tendu
L’affaire prend une dimension internationale depuis que Robert F. Kennedy Jr., secrétaire américain à la Santé, a appelé publiquement le 10 janvier dernier à mettre fin à ces poursuites. Douze jours plus tard, la convocation à l’incarcération tombait. Le ministère fédéral allemand de la Santé, dirigé par Nina Warken, avait pourtant démenti entre-temps l’existence de toute persécution de médecins en Allemagne.
Pour les signataires du communiqué — une avocate, une médecin et une journaliste —, cette chronologie ne relève pas du hasard, mais illustre une volonté de réprimer la dissidence médicale héritée de la période pandémique.
Un symbole d’un débat plus large
Le cas de la Dre Witzschel s’inscrit dans une série d’affaires impliquant des médecins et personnalités ayant contesté les mesures sanitaires officielles. Ses soutiens la présentent comme la victime d’un système qui criminalise la liberté thérapeutique, pourtant garantie par la Constitution allemande, et appellent à une révision urgente de ces pratiques judiciaires.
Deux autres procédures pénales sont encore en cours contre elle sur des chefs d’accusation similaires.
Sources : Communiqué de presse signé par Me Katja Wörmer (avocate), Dr Monika Jiang (médecin) et Kerstin Heusinger (journaliste). Plus d’informations sur free-bianca-witzschel.de