3 questions à… Patrick Landais, haut-commissaire à l’énergie atomique

Patrick Landais a été nommé haut-commissaire à l’énergie atomique le 30 janvier 2019. Retour sur le parcours d’un géologue passionné qui a passé sa thèse d’État à Nancy et a dirigé le laboratoire G2R.

Patrick Landais, haut commisssaire à l'énergie atomique (photo Université de Lorraine)
Patrick Landais, haut commisssaire à l’énergie atomique (photo Université de Lorraine)

Quel sont votre parcours scientifique et vos thématiques de recherche ?

Je suis géologue de formation. J’ai étudié à Orléans, en école d’ingénieurs et en cursus académique classique. J’ai effectué ma thèse au centre de recherche d’Elf. Au cours de cette période, je me suis intéressé à la chimie de la partie organique des roches et c’est ce qui a défini ma première véritable orientation scientifique. J’ai débuté ce travail avec l’objectif de comprendre le rôle de la matière organique dans la formation des gisements métalliques et notamment d’uranium. Cette recherche se situait entre deux disciplines, la métallogénie et la géochimie des hydrocarbures et elle m’a amené à travailler sur des gisements canadiens, américains, africains et français.

C’est à cette époque que je suis venu à Nancy, où se trouvait le Centre de recherches sur la géologie des matières premières minérales et énergétiques (CREGU). Son laboratoire d’expérimentation disposait d’instruments permettant de travailler à haute pression et à haute température, simulant ainsi des processus qui se déroulent normalement sur des millions d’années, comme la transformation de la matière organique en hydrocarbures. Cela a été une fantastique opportunité de diversifier mes recherches et d’obtenir des résultats qui m’ont permis de passer ma thèse d’État.

Quel est votre parcours professionnel ?

Après avoir été chargé puis directeur de recherche au CNRS entre 1987 et 2001, période au cours de laquelle j’ai notamment dirigé le laboratoire de Géologie et gestion des ressources minérales et énergétiques (G2R, aujourd’hui fusionné au sein de GeoRessources), j’ai eu la possibilité et l’envie de devenir directeur de LA recherche dans un établissement public, dont le rôle est d’être coordinateur des programmes de recherche et responsable des choix scientifiques. C’est ainsi que j’ai rejoint l’ANDRA comme directeur de la R&D, puis le BRGM comme directeur scientifique avant de revenir plus tard à l’ANDRA en tant que directeur délégué à l’innovation et au développement.

Quel sera votre action au sein du CEA ?

Le haut-commissaire n’a pas de responsabilités managériales. Il a un rôle de conseil et d’évaluation auprès du gouvernement et de l’administrateur général du CEA avec qui il est amené à travailler étroitement mais sans rapport hiérarchique. Le haut-commissaire a aussi des responsabilités au regard des activités militaires et de dissuasion.

Avec la feuille de route transmise par le gouvernement à l’administrateur général, le CEA va vivre une période extrêmement riche d’évolutions à laquelle je souhaite participer pleinement Dans tous les domaines de compétences du CEA, de l’énergie au numérique, des sciences du vivant à l’électronique et à la physique fondamentale, des besoins nouveaux émergent, à la frontière des disciplines et avec des enjeux sociétaux forts. J’ai aussi pris pleinement conscience des responsabilités de cette mission et de l’humilité avec laquelle je dois l’aborder (le premier haut-commissaire fût Frédéric Joliot-Curie !). Mes prédécesseurs étaient principalement issus du milieu de la physique et je dois avouer être flatté qu’un géologue soit nommé à cette fonction. Le métier de géologue est basé sur l’observation, la capacité à opérer des changements d’échelles et sur la compréhension de mécanismes complexes, je pense que ces qualités m’aideront dans cette nouvelle fonction.

(Interview de Factuel, Université de Lorraine)