Grand Est

DNA : un salarié se donne la mort à Strasbourg

Un employé des Dernières Nouvelles d’Alsace s’est défenestré, ce jeudi matin, peu après être arrivé à son travail. Le drame intervient alors que le groupe EBRA est secoué par une grosse restructuration.

Les Dernières NOuvelles d’Alsace à Strasbourg (Pazit Polak from Basel, Switzerland [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)
Le drame qui s’est joué ce matin aux Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) a bouleversé les salariés de l’entreprise alsacienne mais aussi tous les salariés du groupe de presse EBRA (Est Bourgogne Rhône-Alpes) en proie à un gros malaise en raison d’une restructuration très dure touchant l’ensemble des journaux.
Il était un peu plus de 7 h 30, ce matin, lorsque le salarié, un électricien du service maintenance du journal âgé de 43 ans est arrivé à son service. Pourtant, il n’a pas rejoint son poste. Il est allé au quatrième étage de l’immeuble pour se jeter dans le vide.
Aussitôt connue, la nouvelle a bouleversé les salariés présents sur le site. Mais, bien vite, l’information a circulé dans les neuf journaux du groupe (couvrant 23 départements) secoués par une restructuration imposée par la banque Crédit Mutuel, propriétaire depuis 2011.
« Les choses ne se passent pas bien. Le malaise est palpable dans tous les services » explique un syndicaliste qui préfère rester anonyme pour l’instant.

Traitement de choc

Après la disparition de Michel Lucas, le Crédit Mutuel a fait appel à Philippe Carli pour restructurer le groupe dont les pertes ne cessent de grossir : 113 M€ en 2018.

Républicain Lorrain : les salariés mobilisés (tract)

D’où la mise en place d’un traitement de choc, présenté aux organisations syndicales en début d’année. Celui-ci prévoir un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) visant à supprimer 386 emplois et, dans le même temps, à embaucher 284 personnes dans une structure prestataire appelée EBRA-Services sur le site de l’Est Républicain à Houdemont (Meurthe-et-Moselle) au 1er janvier 2021.
Une centaine d’emplois seraient donc supprimés. Quant à ceux qui seront créés dans la nouvelle entité, ils ne bénéficieront plus des mêmes avantages en termes de rémunération, de temps de travail et de congés, puisqu’ils ne seront plus protégés par le statut de la PQR (Presse Quotidienne Régionale). Objectif de Philippe Carli : réaliser 9 à 10 M€ d’économies.
Le 16 octobre 2019, la présentation de ce Plan au Républicain Lorrain, à Woippy (57) a provoqué un énorme tollé. Les salariés ont accueilli très fraîchement Philippe Carli, le patron du groupe presse du Crédit Mutuel, avec ces affiches destinées à être distribuées en ville : « Votre journal est menacé, le Crédit Mutuel a commencé le démembrement. Le personnel en souffrance. »
Rappelons que depuis des mois, le Comité social et économique (CSE) et l’ensemble des organisations syndicales ne cessent d’alerter la hiérarchie du profond malaise engendré à la fois par un management autoritaire et par la restructuration anxiogène.

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