L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) a tenu les 31 août et 1ᵉʳ septembre son sommet annuel dans la capitale kirghize, réunissant les dirigeants de 21 pays autour d’un objectif affiché : peser davantage face à un Occident jugé hégémonique.

Vingt-cinq ans après sa création, l’organisation affiche son unité de façade, mais les crises qui frappent plusieurs de ses membres — guerre en Ukraine, confrontation Iran-États-Unis, tensions commerciales — ont largement débordé sur les discussions.
Un forum pour peser face à l’Occident
Fondée sous l’impulsion conjointe de Pékin et de Moscou, l’OCS s’est imposée au fil des années comme la principale plateforme de coopération politique, économique et sécuritaire du continent eurasiatique. À Bichkek, Xi Jinping, Vladimir Poutine, Narendra Modi et le président iranien Massoud Pezeshkian figuraient parmi les chefs d’État et de gouvernement venus discuter connectivité, énergie, routes commerciales et projet, promis de longue date, d’une banque de développement propre au bloc. Un sommet à la fois protocolaire et stratégique, où Pékin et Moscou aiment mettre en scène leur proximité et leur vision commune d’un monde multipolaire.
Ukraine : la guerre en toile de fond
Le conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine a plané sur l’ensemble des débats. Ces dernières années, Vladimir Poutine a régulièrement profité de la tribune offerte par l’OCS pour rejeter la responsabilité du déclenchement de la guerre sur les pays occidentaux, une ligne qu’il devrait à nouveau défendre à Bichkek face à un parterre de dirigeants majoritairement enclins à ne pas le contredire publiquement. Le sommet intervient d’ailleurs dans un climat particulièrement tendu sur le terrain : la nuit précédant l’ouverture des travaux, une frappe massive de missiles et de drones russes a fait plusieurs morts à Kiev et dans sa région, rappelant, si besoin était, que la diplomatie eurasiatique se déploie en parallèle d’une guerre toujours active. Pour Moscou, isolée par les sanctions occidentales, l’OCS constitue aussi un outil de contournement : plusieurs médias évoquent le rôle croissant de pays d’Asie centrale, à commencer par le Kirghizistan lui-même, dans les circuits permettant à la Russie d’atténuer l’effet des sanctions.
Iran : un dossier sous haute tension
Autre fil rouge du sommet, la crise entre Téhéran et Washington. Membre de l’OCS depuis 2023, l’Iran a vu ses tensions avec les États-Unis franchir un nouveau seuil en février dernier avec le déclenchement d’une offensive israélo-américaine contre le pays. Le président Massoud Pezeshkian s’est rendu à Bichkek dans ce contexte explosif, et son dossier s’annonçait comme l’un des points les plus sensibles des discussions bilatérales en marge du sommet, notamment avec Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi. L’enjeu, pour Téhéran, est clair : obtenir des gages de soutien politique, voire économique, de la part de partenaires eurasiatiques eux-mêmes engagés dans un bras de fer avec Washington, sans pour autant entraîner l’ensemble du bloc dans une confrontation frontale avec les États-Unis.
Une unité de façade, des intérêts divergents
Au-delà de ces deux dossiers brûlants, l’OCS doit aussi composer avec les conflits commerciaux qui touchent certains de ses membres, à l’image des droits de douane américains imposés sur les produits chinois et indiens. La présence de l’Inde de Narendra Modi illustre à elle seule les limites de l’unité affichée par le bloc : New Delhi, engagée dans un dialogue stratégique avec Washington, se garde d’endosser pleinement le discours anti-occidental porté par Moscou et Pékin. Le sommet de Bichkek se referme donc sur une organisation qui, si elle affiche sa cohésion et son ambition de bâtir un ordre alternatif à l’Occident, reste traversée par des lignes de fracture — guerres, sanctions, rivalités commerciales — qui pourraient, à terme, en limiter la portée.
🚨 OCS : 28 DOCUMENTS ADOPTÉS À BICHKEK POUR LE SOMMET DES 25 ANS
Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai s’achève à Bichkek sur un paquet particulièrement dense : 28 documents ont été signés ou adoptés par les dirigeants des États membres. Le chiffre a été… pic.twitter.com/DDDgS8eRtU
— @Ветеран 🇫🇷 (@patriot_senior) September 1, 2026
🚨 OCS : 28 DOCUMENTS ADOPTÉS À BICHKEK POUR LE SOMMET DES 25 ANS
Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai s’achève à Bichkek sur un paquet particulièrement dense : 28 documents ont été signés ou adoptés par les dirigeants des États membres. Le chiffre a été… pic.twitter.com/DDDgS8eRtU
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🇷🇺🇨🇳 Le Président de la Fédération de Russie, Vladimir POUTINE, et le Président de la République populaire de Chine, Xi JINPING, s’entretiennent en marge du sommet de l’#OCS@crypto_daddy021@AsiaWhales @CoinsH97044 @m_ebrard @ChrisCuomo @Sophie_Choudry @CSLewisDaily @PatyCantu pic.twitter.com/Brbzx2kwpy
— 𝑩𝒓𝒖𝒄𝒆 𝑵𝑰𝑷𝑶 (@BruceNIPO) September 1, 2026