À la Foire de Châlons-en-Champagne, la Région Grand Est et FIBOIS Grand Est ont signé ce samedi 29 août un pacte destiné à renforcer la compétitivité et la résilience de la filière forêt-bois. Un accord qui mise notamment sur l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures et le soutien aux entreprises.

lors de la signature de la convention du 29 août à Châlons.
La forêt, un enjeu stratégique pour le Grand Est
La forêt n’est pas seulement un élément du patrimoine naturel du Grand Est. Elle constitue aussi une filière économique importante, confrontée aujourd’hui à de multiples défis : changement climatique, dépérissement des arbres, hausse des coûts logistiques, évolution des marchés et difficultés de recrutement.
Pour répondre à ces enjeux, la Région Grand Est et FIBOIS Grand Est ont officialisé, samedi 29 août à la Foire de Châlons-en-Champagne, un engagement commun en faveur de la filière forêt-bois.
L’ambition affichée est de faire du Grand Est un territoire de référence pour une filière à la fois compétitive, durable, innovante et créatrice d’emplois non délocalisables.
Adapter les forêts au changement climatique
Le premier volet du pacte concerne directement l’avenir de la ressource forestière.
La Région prévoit de poursuivre son soutien aux entreprises de travaux forestiers et aux scieries, tout en donnant davantage de visibilité aux budgets consacrés à la filière.
Elle souhaite également favoriser une mobilisation durable du bois, notamment à travers la gestion forestière durable et la certification PEFC. L’observatoire régional de la biomasse doit également permettre de mieux suivre la ressource disponible.
Le changement climatique impose parallèlement d’adapter les forêts. Le pacte prévoit ainsi de tester de nouvelles essences susceptibles de mieux résister aux évolutions climatiques et de rechercher de nouvelles solutions pour valoriser les bois dépérissants.
Un milliard d’euros pour les infrastructures
La question du transport constitue l’autre grand volet de l’accord.
Le bois est une ressource locale, mais son acheminement vers les entreprises de transformation représente un coût important. Dans certains territoires, les solutions alternatives au transport routier restent limitées.
La Région annonce donc un investissement d’un milliard d’euros d’ici 2035 pour moderniser les infrastructures routières.
Elle prévoit aussi d’accompagner les surcoûts du transport forestier lorsque aucune alternative crédible n’existe et de favoriser progressivement des solutions de transport moins carbonées.
Moderniser les entreprises et développer l’emploi
Le pacte prévoit par ailleurs la mise en place d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens destiné à répondre plus globalement aux besoins de la filière.
Modernisation des équipements, développement des entreprises, attractivité des métiers : plusieurs leviers doivent être mobilisés pour permettre au secteur de faire face aux transformations à venir.
La valorisation du bois devra également respecter une hiérarchisation des usages afin d’optimiser la ressource et son rôle dans la transition écologique.
Franck Leroy : « Un choix politique clair »
Pour Franck Leroy, président de la région Grand Est, cet accord marque une volonté politique de placer la forêt et le bois au cœur de la stratégie régionale. « La filière forêt-bois est profondément inscrite dans l’identité du Grand Est. Nous savons ce qu’elle représente pour notre économie, nos paysages, notre environnement et la vie de nos territoires. »
Le président de la Région estime que la transition écologique peut constituer une opportunité économique. « Faire de la transition non pas une contrainte qui affaiblit nos entreprises, mais une opportunité pour renforcer notre économie, nos emplois et notre souveraineté. »
FIBOIS veut donner des moyens aux professionnels
Pour Michaël Simier, président de FIBOIS Grand Est, l’enjeu est désormais d’offrir aux professionnels les moyens de s’adapter. « Avec cet engagement, nous réaffirmons le rôle stratégique de la filière forêt-bois pour le Grand Est, en donnant aux forestiers et aux entreprises les moyens de produire, d’investir, d’embaucher et de s’adapter. »
Il résume l’esprit du pacte par une formule : « transformer les difficultés en dialogue, le dialogue en engagements et ces engagements en avenir pour la forêt et le bois en Grand Est ».
Une filière confrontée à un changement d’époque
Derrière la signature de ce pacte, c’est donc l’avenir de toute une filière qui se joue.
Le changement climatique oblige les forestiers à revoir certaines pratiques, tandis que les entreprises doivent investir dans des équipements plus performants et que la question du transport pèse sur leur compétitivité.
Avec cet accord, la Région Grand Est veut faire de la forêt-bois un secteur stratégique autant pour l’économie régionale, l’emploi que la transition écologique.