Film de la cinéaste japonaise Akiko Ohku, « Sous le ciel de Kyoto » s’ouvre avec la légèreté d’un marivaudage romantique, avant de s’obscurcit brutalement.

La météo est un élément capital dans le film de Akiko Ohku, « Sous le ciel de Kyoto » (sortie le 22 juillet), les personnages observant les cieux, soleil ou nuages, dans cette adaptation d’un roman de Fukutoku Shusuke, « The best sky is yet to come ». Comme dans « Tempura », où la cuisine fait office de lien social pour une trentenaire citadine, la cinéaste japonaise évoque à nouveau ici l’ultra moderne solitude et les convenances de la société japonaise.
Quel que soit le temps, Toru (joué par Riku Hagiwara) tient un parapluie dans la main, au-dessus de la tête. Ce parapluie, qui était celui de sa grand-mère défunte, est tel un bouclier, une protection, pour ce jeune étudiant qui n’a pas d’ami, enfin si, un seul, Yamane un « incurable optimiste ». Le soir, Toru a pour job le nettoyage de bains publics avec l’énergique et joyeuse Sacchan (Aoi Itô).
Deux belles déclarations d’amour

Un jour de printemps nuageux, il craque pour une jolie étudiante, Hana (Yumi Kawai) qui porte un chignon tel une armure et déjeune seule à la cantine, car elle n’a réellement aucun ami. Toru osera s’asseoir dans l’amphi à côté de « la mangeuse de nouilles solitaire », une fille « incroyable ». Les deux solitaires s’abritent et se cachent sous un parapluie, se racontent leur vie, leurs douleurs, le deuil pour lui, « une colère de femmes » pour elle. Un jour d’arc-en-ciel, elle lui enseigne la notion de « sérendipité », les heureuses coïncidences de la vie.
Un jour de grondement de tonnerre, sa collègue des bains apprend à Toru qu’elle est secrètement amoureuse de lui, combien elle regrette que ce beau gosse ait craqué pour une autre. Dans un long monologue sous la pluie, la délaissée au cœur brisé lui fait alors une déclaration d’amour enflammée, qui le laisse muet et immobile. Plus tard, ce sera à son tour de faire également une longue et belle déclaration, mais en attendant sa bien-aimée a disparu sans prévenir, du jour au lendemain.
Ouvert avec la légèreté d’un marivaudage romantique, « Sous le ciel de Kyoto » s’obscurcit brutalement, des coïncidences malheureuses conduisant au drame. De ce récit où les parapluies aiment autant la pluie que le soleil, on retiendra notamment le mantra suivant : « Le ciel d’aujourd’hui est mon préféré ».
Patrick TARDIT
« Sous le ciel de Kyoto », un film de Akiko Ohku (sortie le 22 juillet).