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Coronavirus : situation en France et dans le monde au 16 mai 2020

Le général (2s) Dominique Delawarde, ancien officier de renseignement spécialiste des questions internationales et notamment des États-Unis, livre trois fois par semaine désormais une analyse précise de la situation nationale et internationale.

situation au 16 avril 2020

Point de situation du Samedi 16 mai 0h00 GMT

Depuis le début de l’épidémie

213 pays ou territoires + 2 bateaux ont été affectés par le virus, pour 4 621 414 (+ 195 758 en 48h) cas déclarés.
308 154 (+ 10 389 en 48 h) décès ; 1 755 150 guérisons (+ 97 434 en 48 h) ;
2 558 110 patients en cours de traitement (+ 88 000 en 48 h), dont 45 007 en état critique (- 914 en 48h)

A noter que
8 pays ou territoires ne seraient toujours pas affectés par l’épidémie à ce jour (Corée du Nord,Turkménistan, Lesotho, Tonga, Salomon, Îles Marshall, Micronésie, Palaos)
16 pays qui ont été affectés ne le sont plus, par guérison ou décès des cas enregistrés. (Saint Barth, Groenland, Anguilla, les Falklands, Surinam, Belize, Papouasie-Nlle Guinée, Nlle Calédonie, Iles Féroé, Ile Maurice, Sahara occidental, Caraïbes Néerlandaises, Saint Pierre et Miquelon, Timor Leste, Erythrée, Sainte Lucie).
69 pays ou territoires ont eu de 1 à 200 cas détectés depuis le début de l’épidémie (32 d’entre eux ne comptent aucun décès, et les 37 autres ne comptent, au total, que 165 décès.)
49 pays ou territoires comptent entre 201 et 1 000 cas détectés depuis le début de l’épidémie pour un total de 771 décès
Sur les 213 pays ou territoires ayant été concernés par l’épidémie, 140 ont déclaré de 0 à 50 décès.
5 317 décès du coronavirus déclarés le 14 mai et 5072 décès le 15 mai

24 pays ont déclaré plus de 1 000 décès depuis le début de l’épidémie: dans l’ordre des pertes (USA, Royaume Uni, Italie, France, Espagne, Brésil, Belgique, Allemagne, Iran, Pays Bas, Canada, Chine, Mexique, Turquie, Suède, Inde, Russie, Équateur, Pérou, Suisse, Irlande, Portugal, Roumanie et Indonésie). La Pologne devrait rejoindre ce peloton de tête en fin de semaine prochaine.

Sur les 308 154 décès enregistrés dans le monde depuis le début de l’épidémie, 292 746 l’ont été dans ces 24 pays et 263 163 (85,6%) dans les pays occidentaux (US, UE, OTAN).
3 837 des 5 072 décès déclarés hier (75%) sont encore « US, UE, OTAN ». C’est ce camp qui paye aujourd’hui et payera demain le prix le plus fort tant sur le plan humain que sur le plan économique (récession sévère + crise économique et sociale probable)
Pour la 4ème journée consécutive le nombre de décès quotidiens est supérieur à 5 000 au niveau de la planète. L’épidémie continue son reflux en Europe. Le nombre de cas critique baisse depuis 6 jours au niveau mondial.
Les bilans s’alourdissent encore aux USA, au Royaume Uni et au Brésil. Le cap des 4,6 millions de cas a été franchi hier, celui des 310 000 décès le sera aujourd’hui, 16 mai.
Tout indique qu’après l’Amérique du Nord, celle du Sud, et plus particulièrement le Brésil et l’Équateur, deviennent peu à peu l’épicentre de l’épidémie.
Les bilans les plus lourds de la journée d’hier restent ceux des USA, du Brésil et du Royaume Uni. Ces trois pays ont déclaré hier : 45,9 % des nouveaux cas, 55,3% des nouveaux décès et 57,8% des cas critiques de la planète. Ces trois pays devraient rester le trio de tête la semaine prochaine.

Un tableau du bilan actuel du nombre de cas et de décès par grande région du monde permet de voir, en un coup d’œil, celles qui s’en sortent bien, pour l’instant, et celles qui ont souffert et continuent de souffrir. Les continents ou sous continents sont classés par taux de mortalité.

bilan

L’Océanie et l’Asie, à l’exception de la Turquie, de l’Iran et de l’Inde, sont quasiment sorties de l’épidémie. Leur part est désormais stable. La part de l’Europe devrait baisser, peu à peu. La part du continent américain (Nord et Sud) et de l’Afrique s’accroît très progressivement. L’analyse du tableau ci dessus montre que les taux de mortalité par rapport au nombre de cas et par rapport à la population des pays en développement, les plus pauvres, sont très inférieurs à ceux des pays riches qui ont pourtant les moyens de mieux s’aseptiser, s’alimenter et se soigner.

Pour relativiser encore et toujours les bilans humains de cette pandémie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) nous apprend que, chaque année, la grippe saisonnière est responsable de 5 millions de cas « graves » qui entraînent entre 280 000 et 600 000 décès. Le Covid-19 n’a, à ce jour, affecté que 4,62 millions de personnes (testées) dont près de 740 000 cas graves qui se sont traduits par 308 000 décès.

Situation par pays

La Chine va bien. Avec 4 nouveaux cas hier, 94 cas encore sous traitement dont 11 sérieux, l’épidémie n’est plus une grande préoccupation pour elle. Ses pertes humaines représentent 1,5% de toute l’épidémie à ce jour. Celles ci n’augmentant plus, ce sera moins de 1% en fin d’épidémie… Elle a remis en marche son appareil de production et son commerce le long des routes de la soie.
Les USA ont enregistré hier, à eux seuls, 27% des cas Covid de la planète. Ils ont les pertes cumulées les plus élevées (plus de 88 500 décès soit 28,7% du total de l’épidémie). Le nombre des décès quotidiens se maintient proche des 1 600. Le nombre de patients en cours de traitement a dépassé le million (+ 35 000 en 48 h). Celui des cas critiques se maintient encore à plus de 16 000 depuis plusieurs jours. Les USA ne sont toujours pas au bout de leur peine.
La situation du Royaume Uni reste mauvaise. Le nombre de patients sous traitement n’est plus communiqué mais il était de plus de 196 000 le 14 mai à 0h00 GMT. Il a logiquement passé la barre des 200 000 aujourd’hui. Le nombre des décès du jour, en forte baisse à 384, est beaucoup trop bas pour être crédible. Après plusieurs semaines d’observation des données britanniques, on peut constater une baisse significative des décès du vendredi au lundi inclus. Peut-être un problème de remontée des données ou une minoration «à la Churchill» liée à des «impératifs» de politique intérieure. Le Royaume Uni est loin d’en avoir fini avec l’épidémie, mais sa situation deviendra de plus en plus difficile à cerner dans les jours à venir. Ce flou dans les déclarations est-il volontaire ?
La situation du Brésil continue de s’aggraver. Tous les indicateurs restent au rouge. Les nombres des nouveaux cas (2ème au monde derrière USA) et des cas critiques (2ème derrière les USA à 8 318) restent très élevés . Le nombre de décès a été important et croissant lors des dernières 48 heures. Le Brésil est maintenant dans le dur de l’épidémie. Des nombres de décès déclarés supérieurs à 1 000/jour après la «pause dominicale» ne seraient pas surprenants.
La situation de la France continue de s’améliorer. Le nombre de cas critiques est en baisse. Le taux de mortalité est, à ce jour, de 422 décès par million d’habitants (hors décès à domicile), pour une moyenne mondiale de 39,5 . Ce taux de mortalité est le 5ème de la planète. Pour le nombre des décès, la France a dépassé l’Espagne. Elle est désormais à la 3ème place des nations européennes derrière le Royaume Uni et l’Italie.
Alors que l’épidémie s’achemine vers sa fin, la France reste encore à la traîne en matière de tests. Avec 21 219 tests par million d’habitants, la France se situe à la 31ème place sur 48 en Europe et à la 51ème place mondiale pour cette activité recommandée par l’OMS dès le 17 mars.
A ce jour, son nombre de tests par million d’habitants reste plus de 2,5 fois inférieur à ceux du Portugal et de l’Irlande et loin derrière ceux de la Biélorussie ou de la République Tchèque, pays pourtant peu affectés par l’épidémie: c’est «encore trop peu et surtout beaucoup trop tard» pour un grand pays développé….
Avec un taux de guérison, à ce jour, de 42,6% des cas confirmés, au niveau national, la France fait moins bien que l’Espagne qui a en déjà guéri 68,9%. Elle a beaucoup moins guéri que l’Allemagne qui a déjà renvoyé 86,5% de ses patients chez eux, que la Suisse qui en a guéri 88,8%, que l’Autriche qui en a guéri 89,8% etc.
La situation de l’Italie s’améliore, avec une baisse des cas critiques, une hausse très sensible des guérisons dont le nombre est cinq fois plus important que les nouveaux cas. Les décès restent proche des 200/jour.
La situation de l’Espagne s’améliore doucement: 1,5 fois plus de guérisons que de nouveaux cas. Le nombre des décès reste sous la barre des 150/jour.

Le cas de la Belgique

La situation de l’Allemagne poursuit son amélioration: trois fois plus de guérisons que de nouveaux cas hier, baisse sensible du nombre des patients sous traitement (- 1000 hier), stabilisation des cas critiques et baisse des décès. L’opération de déconfinement, commencée il y a déjà plus de trois semaines, semble plutôt bien réussir jusqu’à présent, si l’on s’en tient aux indicateurs.
Avec un taux de mortalité de 773 décès par million d’habitant, la Belgique restera le leader incontesté de cet indicateur (hors micro-Etats). Ses données ne semblent pas très bonnes pour un pays en déconfinement (nombre de nouveaux cas, de décès et de cas critiques). La progression de son taux de mortalité reste toujours beaucoup plus élevée que celles des pays qui la suivent.
Les situations de la Suède, du Canada, de l’Inde, de l’Irlande, du Portugal sont stables, celles de la Turquie, de l’Iran et de la Suisse s’améliorent, celles de la Russie, du Brésil, de l’Équateur, du Pérou et du Mexique se détériorent. A noter que pour la Turquie le nombre de guérisons est plus important que celui des nouveaux cas. Si les pertes rapportées à la population sont importantes pour des petits pays comme la Belgique, les Pays Bas, l’Irlande, la Suisse et la Suède, elles restent faibles pour l’Iran, la Turquie, le Pérou, le Mexique et le Canada et très faibles pour la Russie et pour l’Inde.

La Russie teste beaucoup

La Russie teste toujours énormément (432 000 tests en 48h), d’où un nombre très élevé de nouveaux cas détectés ( 3ème derrière les USA et le Brésil avec 21 000 en 48h). Le compteur des cas sérieux ou critiques est bloqué à 2 300 depuis plusieurs jours. Avec plus de 202 000 patients sous traitement, la Russie arrive probablement en 3ème position derrière les USA et le Royaume Uni qui ne communique plus cet indicateur). Le nombre des décès augmente devrait croître encore dans les jours qui viennent. Mais il restera faible car la politique «Test, Test, Test … et traitement au plus tôt» préconisée par l’OMS et appliquée dès le départ en Russie paye. Les patients détectés et traités au plus tôt ont beaucoup plus de chance de survie que ceux admis et traités trop tard dans les structures hospitalières ……
L’épidémie continue de s’étendre progressivement en Amérique latine. C’est particulièrement vrai au Brésil, mais aussi, dans l’ordre des pertes humaines, au Mexique, en Équateur, au Pérou, en Colombie, en République Dominicaine, au Chili, en Argentine, et au Panama. L’épicentre de l’épidémie se déplace progressivement du nord vers le sud du continent américain.

Les taux de mortalité par million d’habitants des 24 pays ayant dépassé les 1 000 décès, dans le tableau ci dessous, donne une petite idée des zones géographiques les plus touchées et/ou de la qualité de la gestion de l’épidémie par les gouvernances de chacun des Etats.

Pour mémoire, le taux de mortalité Covid-19 est de 39,5 décès par million d’habitants au niveau mondial.

Taux de mortalité
Ci après, voici le tableau de données concernant l’Europe et l’UE face à l’épidémie.

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