Monde
Partager
S'abonner
Ajoutez IDJ à vos Favoris Google News

Situation en France et dans le monde au 19 avril 2020

Le général (2s) Dominique Delawarde, ancien officier de renseignement spécialiste des questions internationales et notamment des États-Unis, livre chaque matin une analyse précise de la situation internationale.

COVID-19 Dashboard by the Center for Systems Science and Engineering (CSSE) at Johns Hopkins University (JHU)

Préambule : Compte tenu des informations incomplètes déclarées par les autorités de santé de nombreux États du fait de la «pause dominicale», le point de situation du 20 avril 0h00 GMT ne sera pas réalisé. Le prochain rapport de situation sera celui du 21 avril à 0h00 GMT.

Point de situation au 19 avril 0h00 GMT

Depuis le début de l’épidémie

210 pays ou territoires ou bateaux (2) ont été affectés par le virus, pour 2 330 150 cas déclarés.
160 643 décès (+ 6 505 hier) ; 596 482 guérisons (+ 24 909 hier) ;
1 573 025 patients (+ 49 879 hier) en cours de soins, dont 55 265 en état critique (-1 698 hier).

A noter que
10 pays ou territoires ne seraient toujours pas affectés par l’épidémie à ce jour ( Corée du Nord, Tadjikistan, Turkménistan, Lesotho, Comores, Tonga, Salomon, Îles Marshall, Micronésie, Palaos)
43 pays ou territoires ont eu de 1 à 30 cas détectés depuis le début de l’épidémie (28 d’entre eux ne comptent aucun décès, et les 15 autres ne comptent, au total, que 24 décès.)
56 pays ou territoires comptent entre 31 et 300 cas détectés depuis le début de l’épidémie pour un total de 209 décès.
Sur les 210 pays ou territoires concernés par l’épidémie, 134 ont déclaré de 0 à 30 décès.
6 505 nouveaux décès du coronavirus (- 2 167 par rapport à la veille) dans la seule journée du 18 avril.

15 pays ont déclaré plus de 1 000 décès depuis le début de l’épidémie (Italie, Espagne, USA, France, Chine, Iran, Royaume Uni, Pays Bas, Belgique, Allemagne, Brésil, Suisse, Turquie, Suède, Canada)

Sur les 160 643 décès enregistrés dans le monde depuis le début de l’épidémie, 149 522 l’ont été dans ces 15 pays (93,1%) et 142 294 (88,6%) dans les pays occidentaux (US, UE, OTAN).

5 753 des 6 505 décès déclarés hier (88,6%) sont « US, UE, OTAN ». C’est ce camp qui paiera le prix le plus fort tant sur le plan humain que sur le plan économique (récession inévitable, crise économique possible)

Au niveau de la planète, le nombre de nouveaux cas et des décès du jour s’inscrit en baisse. Celle ci est attendue tous les week-ends (effet pause dominicale et moindre remontée du renseignement sur les déclarations faites par les autorités de santé de certains Etats). Un « rattrapage » est généralement enregistré dans les rapports du mardi à 0h00 GMT. Le cap des 2,5 millions de cas et des 175 000 décès devrait être franchi dans le rapport du mardi 21 avril 0h00 GMT.
Les bilans les plus lourds de la journée d’hier restent ceux des USA , de la France et du Royaume Uni. Ces pays enregistrent, à eux trois : 47,2% des nouveaux cas, 52,2 % des nouveaux décès et 37,9% des cas critiques de la planète.
Un tableau du bilan actuel du nombre de cas et de décès par grande région du monde permet de réaliser celles qui s’en sortent bien, pour l’instant, et celles qui ont souffert et continuent de souffrir.

bilan au 19 avril 20

L’Asie, à l’exception de l’Iran, est quasiment sortie de l’épidémie. Sa part dans le bilan va donc se réduire progressivement. La part du continent américain (Nord et Sud) va progressivement s’accroître.

Pour relativiser encore et toujours les bilans humains de cette pandémie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) nous apprend que, chaque année, la grippe saisonnière est responsable de 5 millions de cas « graves » qui entraînent entre 280 000 et 600 000 décès. Le Covid-19 n’a, à ce jour, affecté que 2,33 millions de personnes (testées) dont près de 330 000 cas graves qui se sont traduits par près de 161 000 décès.

Reprenons pays par pays

La situation des USA semble se stabiliser. Toutefois, l’effet « pause dominicale » observé chaque semaine ne permet pas d’évaluer la réelle situation US du jour. La barre des 43 000 décès sera franchie dans le rapport du 21 avril.
La situation de la France commence à s’améliorer avec une baisse des cas critiques et des décès. La hausse sensible des nouveaux cas déclarés est lié à l’accroissement du nombre de tests, ce qui est bon signe car cela permet de mieux connaître les porteurs du virus (sains ou non) et de les isoler pour limiter la propagation. La stratégie du test « à l’allemande », adoptée un peu tard, va certainement aider la France à se sortir d’affaire. Le nombre de décès quotidiens, lié au nombre de patients en réanimation, devrait progressivement baisser. L’épisode malheureux du porte-avions ne devrait pas se traduire par un bilan trop lourd compte tenu de l’âge et de la forme des marins affectés, dont l’énorme majorité sont des porteurs sains.
La situation du Royaume Uni semble stable autant qu’on puisse en juger. Le compteur des cas critiques est bloqué à 1 559 depuis plus de dix jours. Le nombre des patients traités continue d’augmenter (+ 4 630 hier). Le nombre de décès quotidiens devrait rester dans une fourchette de 700 à 1000 dans les jours prochains. Les structures hospitalières sont de plus en plus sollicitées.
La situation de l’Italie s’améliore lentement, avec une stabilisation des nouveaux cas et une baisse des cas critiques et des décès. Le nombre de décès du jour est passé sous la barre des 500.
La situation de l’Espagne peinent toujours à s’améliorer. Le nombre des cas critiques ne baissent toujours pas et portent donc en germe des pertes quotidiennes de l’ordre de 500-700 dans les prochains jours.
La situation de l’Allemagne s’améliore sensiblement : plus de guérisons que de nouveaux cas, baisse sensible des décès, des cas critiques et du nombre des patients sous traitement. L’Allemagne s’achemine donc clairement vers la fin d’une épidémie qu’elle aura parfaitement contrôlé de bout en bout, sans jamais atteindre la saturation de ses capacités hospitalières. Entrée dans l’épidémie en même temps que la France, elle entamera un déconfinement progressif dès demain 20 avril avec trois semaines d’avance sur notre pays et avec un taux de perte par million d’habitants près de six fois inférieur au nôtre.

L’efficacité des tests

Ces données interpellent, d’autant plus que le nombre de cas détectés outre-Rhin a été proche du nôtre. Seul l’anticipation permanente, une structure hospitalière solide, disposant des moyens nécessaires en temps voulu et, bien sûr, les tests massifs appliqués dès les premiers jours ont permis de contenir, puis de faire reculer l’épidémie. Ces tests ont permis de détecter les porteurs sains de la Covid-19 et de les confiner pour éviter la propagation de l’épidémie. Ils ont également permis de détecter et de traiter plus tôt et donc plus vite les patients qui devaient l’être, avant que leur état ne se détériore et rende le traitement beaucoup plus compliqué.
Les Allemands ont guéris 2,2 fois plus de patients que nous parce qu’ils les ont détectés et soignés plus tôt et donc plus vite. Cette stratégie allemande était celle préconisée par le professeur Raoult. L’exécutif français et son « conseil scientifique » en ont choisi une autre en s’efforçant de gérer la pénurie de moyens (masques, respirateurs) et en ignorant délibérément et pendant trop longtemps la capacité des laboratoires vétérinaires pour tester massivement les principaux foyers d’infection.
La situation de la Turquie semble s’améliorer, celle du Canada se stabiliser.
Les situations de la Belgique, de la Suisse et du Brésil sont stables, celle de l’Iran en légère amélioration, celle de la Russie en très légère détérioration. Si les pertes restent très importantes pour un petit pays comme la Belgique et importantes pour la Suisse, elles restent faibles pour le Brésil et l’Iran et très faibles pour la Russie.
Bien que peu affectée par l’épidémie, la Russie teste énormément sa population (comme l’a fait l’Allemagne), pour prendre au plus tôt les mesures de confinement sélectif ou de traitement qui s’imposent. C’est ce qui explique le grand nombre de nouveaux cas détectés. Il est clair que les États qui testent peu, détectent peu et laissent l’épidémie se propager davantage.
Par ailleurs, la Russie est dans l’anticipation permanente. Elle a su annuler ou reporter des événements majeurs pour le pays dans le cadre d’une stratégie de prévention exemplaire : le scrutin du référendum constitutionnel qui devait avoir lieu le 22 avril a été reporté dès le 25 mars à une date ultérieure. Une conférence internationale sur la sécurité qui devait se tenir en 2ème quinzaine d’avril a été annulée début mars. Et surtout, la fête commémorative du 75 ème anniversaire de la victoire sur le nazisme qui devait avoir lieu le 9 Mai a été, elle aussi, reportée sine die.
Ces décisions de la gouvernance russe tranchent évidemment avec la décision malheureuse prise par l’exécutif français, après avis de son « conseil scientifique », de maintenir les élections municipales en mars dernier ….. Nul ne connaîtra jamais le nombre de décès directement liés à cette décision.
La situation de la Suède est stable: Elle recherche toujours son immunité de groupe.
Toutes les situations observées ce jour doivent être prises avec prudence en raison de l’effet « pause dominicale ». Des données de rattrapage seront certainement observées dans le rapport du 21 avril 0h00 GMT
Les taux de mortalité par million d’habitants des 15 pays ayant dépassé les 1000 décès (+ Russie) donne une petite idée de la qualité de la gestion de l’épidémie par les gouvernances de chacun des états. Le classement est aujourd’hui le suivant:

classement au 19 avril
classement au 19 avril

 

Europe,France,Monde,