Edition du dimanche 24 septembre 2017

Avec quels médicaments faut-il partir en voyage ?

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Trousse d’une jeune femme préparant son voyage pour la Nouvelle-Zélande.
Natalie Downe/Flickr, CC BY-NC-SA

François Chast, Université Paris Descartes – USPC

Dans l’extrait du livre « Les médicaments en 100 questions » (éditions Tallandier) que nous publions ici, l’auteur, professeur de pharmacie, recense ceux qui sont utiles à emporter lors d’un départ en vacances, en fonction de la destination. Et fait le point sur les vaccinations nécessaires.


Quels sont les médicaments à prendre avec soi lorsqu’on part en voyage ? La bonne réponse est… ça dépend où ! Partir en Allemagne visiter la Bavière ou descendre le Niger en pinasse – la pirogue traditionnelle – ne comporte pas les mêmes enjeux pour qui veut préserver sa santé.

La première question à régler est la mise à jour des vaccinations, qu’il faut anticiper un à deux mois avant le départ. Quelles que soient la destination et les conditions du séjour, il faut mettre à jour les vaccinations obligatoires ou recommandées pour les enfants et les adultes, notamment diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche et rougeole. Le calendrier des vaccinations est consultable sur Santé publique France.

La vaccination contre la fièvre jaune, une maladie transmise par un moustique, est obligatoire pour entrer dans certains pays de zone intertropicale d’Afrique ou d’Amérique du Sud, ainsi qu’en Guyane. Ce vaccin est disponible uniquement dans les centres de vaccination contre la fièvre jaune, dont la liste est consultable sur le site du ministère de la Santé.

Des vaccinations recommandées en fonction de la destination

D’autres vaccinations peuvent être recommandées en fonction des zones visitées et des conditions du séjour, contre l’encéphalite japonaise, l’encéphalite à tiques, la fièvre typhoïde, la grippe, les hépatites A et B, les infections invasives à méningocoques, la rage, la tuberculose. Ces informations figurent dans les Recommandations sanitaires 2017 pour les voyageurs, publiées par Santé publique France.

La seconde question est celle de la prévention du paludisme, si l’on se rend dans une zone dans laquelle il sévit. Elle doit s’organiser à deux niveaux. Premier niveau : éviter de se faire piquer par des moustiques. Car sans piqûre, pas de risque de paludisme !

Les moustiques qui transmettent le paludisme piquent habituellement la nuit. Pour s’en prémunir, il faut :

  • porter des vêtements couvrants et, si nécessaire, imprégnés d’insecticide ;
  • appliquer un répulsif sur toutes les parties du corps non couvertes, visage compris (sauf les yeux et la bouche), à l’exception des mains pour les enfants (pour éviter qu’ils ingèrent le produit). Pour les jeunes enfants et les femmes enceintes, s’assurer que le répulsif leur est adapté en lisant attentivement la notice et respecter les précautions d’emploi. Utiliser des répulsifs permet également de se protéger des moustiques qui transmettent d’autres maladies comme le chikungunya, la dengue ou Zika. Pour ces trois pathologies, le guide Voyagez en adoptant les bons gestes donne toutes les informations utiles ;
  • dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide ;
  • utiliser des insecticides à l’intérieur des habitations (bombes, diffuseurs électriques).

Un traitement préventif contre le palu

Second niveau de protection : comme on n’est jamais sûr de ne pas être piqué sans s’en apercevoir, un ou deux mois de traitement préventif par les médicaments, appelé chimioprophylaxie, valent mieux que… vingt ans de paludisme. Les traitements préventifs obtenus sur prescription médicale varient en fonction des zones visitées, de la durée du voyage et de l’âge de la personne. Les médecins les connaissent et choisiront celui adapté à votre cas. Certains doivent être pris avant le départ.

Certains traitements préventifs contre le paludisme nécessitent de s’organiser bien avant le départ.
François Chast, CC BY

Quelque soit la destination, il convient d’emporter avec soi une trousse contenant quelques médicaments « passe-partout » : paracétamol, antidiarrhéique type lopéramide (Imodium), antiallergique (antihistaminique H1), antiseptique cutané (PVP iodée c’est à dire Bétadine), collyre antiseptique (monodose), sachets de réhydratation orale, sérum physiologique, crème pour les brûlures, pansements stériles, bande de contention, gel ou solution hydroalcoolique pour l’hygiène des mains, produit de désinfection de l’eau de boisson ou de rinçage des dents.

Pour préparer votre trousse, vous pouvez consulter également les recommandations de l’assurance maladie, ou celles du gouvernement canadien.

Couverture du livre, paru le 15 septembre 2016.
Tallandier

Il faut emporter ses médicaments habituels en quantité suffisante pour couvrir la durée du séjour. Après le départ, il faudra les prendre en tenant compte du décalage horaire pour certains médicaments comme l’insuline, les anticoagulants, les antihypertenseurs ou les contraceptifs oraux. Il peut être utile, avant de partir, se faire préciser par son médecin ou son pharmacien le nom de ses médicaments en dénomination commune internationale (DCI), si possible en les faisant noter sur l’ordonnance. Demander à son pharmacien d’éditer son dossier pharmaceutique (DP) peut également se révéler utile. Si vous avez donné votre accord pour qu’un tel dossier soit ouvert, celui-ci contient l’historique de tous les médicaments qui vous ont été délivrés au cours des quatre derniers mois dans différentes officines.

The ConversationEnfin, un voyageur averti en vaut deux : les préservatifs, seule prévention efficace contre les infections sexuellement transmissibles, ne sont pas encombrants et peuvent se révéler utiles selon les circonstances. On n’est jamais à l’abri d’une belle rencontre !

François Chast, Professeur de pharmacie, Université Paris Descartes – USPC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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