Edition du jeudi 23 novembre 2017

Nice : 84 morts des dizaines de blessés dans un attentat au camion-fou

Un camion-fou a foncé sur la foule, promenade des Anglais, à Nice, hier soir, juste après le feu d’artifice. Le bilan est très lourd : 84 morts, 18 blessés en urgence absolue, plus de 120 blessés.

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Le camion-fou (photo France 24, capture Youtube)

« Un cauchemar », « une boucherie » disent les témoins. Il était un peu plus de 22 h 30 jeudi, lorsqu’un gros camion blanc de 18 tonnes a délibérément foncé sur la foule rassemblée sur la promenade des Anglais pour assister au feu d’artifice du 14 juillet.
Le camion a roulé à près de 100 km/h, environ 2 kilomètres sur le trottoir qui surplombe la plage puis sur la chaussée, écrasant des hommes, des femmes et des enfants. On imagine l’effroi de cette foule qui ne peut échapper au camion tueur.
« Il fonçait sur les gens, personne ne pouvait l’arrêter. Les gens étaient violemment heurtés, les corps passaient sous le camion, certains cherchaient à l’arrêter mais c’était impossible » explique un témoin. « J’ai vécu l’horreur ».
Un autre témoin raconte : « j’ai entendu des tirs. La police tirait sur le camion.
La police intervient rapidement et tire sur le chauffeur qui riposte avant d’être abattu.
Le chauffeur serait un franco-tunisien de 31 ans, connu des services de police pour des faits de délinquance mais non classé « S » comme on l’avait d’abord cru. Une arme de poing a été retrouvée dans la cabine du camion.
Mais derrière ce camion-fou, il y a des dizaines de cadavres mutilés et de très nombreux blessés que les ambulances prennent en charge.
L’enquête a été confiée au parquet de Nice et au parquet anti-terroriste de Paris. La question est désormais de savoir si ce terroriste a bénéficié ou non de complicités.

Des messages du monde entier
« C’est une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié » a commenté François Hollande en promettant de tout faire « pour lutter contre le terrorisme. » Le président a fait savoir qu’il prolongeait l’état d’urgence de trois mois (il devait prendre fin le 26 juillet). « Rien ne nous fera céder, dit-il. Nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak. »

Toute la classe politique française est horrifiée par cet acte odieux. Le président des Républicains, Nicolas Sarkozy a aussitôt exprimé « son émotion » et « son effroi ». Le président de la région PACA, Christian Estrosi, a expliqué » qu’il « n’y avait pas de raisons de ne pas maintenir le feu d’artifice ».
Des messages de sympathie ont afflué du monde entier. « Nous sommes solidaires de la France, a déclaré Barak Obama qui condamne « une horrible attaque terroriste ».
Angela Merkel a fait part de sa « stupeur ». Elle écrit : « Les mots suffisent à peine pour dire ce qui nous unit à nos amis français ».

Emilien Lacombe

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