Edition du lundi 23 juillet 2018

Moselle : Le camp de Blida s’est déplacé à Guénange

« Les personnes vivent dans des conditions d’hygiène qui sont les mêmes que celles de Blida, ils sont dans la ‘’ merde’’ » (Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère).

Le camp de Blida, à Metz: un bidonville

Le camp de Blida, à Metz: un bidonville | Crédit photo Mazou DeMetz

Le collectif Mosellan de Lutte contre la Misère tire la sonnette d’alarme. Les migrants évincés de l’avenue de Blida, à Metz, il y a quelques semaines, se sont déplacés à Guénange (57) et vivent dans des conditions épouvantables, selon le Collectif.
« Ça pue. Les toilettes sont tellement sales qu’elles sont inutilisables. Il n’y a pas d’eau chaude pour se laver, il fait froid, les migrants ne peuvent pas se faire à manger, il n’y a pas de cuisine. Rien pour se laver, laver son linge. Les personnes sont entassées sur des lits de camp dans les salles de classe, la promiscuité est insupportable, le bruit intolérable.
Aujourd’hui des migrants ont préféré rester dehors, certains parlent de retourner sous le pont !! »

Le témoignage de Sandra

« Je suis triste et en colère ce soir. Nous avions vu ce matin qu’il y avait de nouveau une vingtaine de personnes avenue de Blida, dont beaucoup d’enfants en bas âge. En plus des dix autres que nous avions mis à l’abri dans une famille hier.
J’ai essayé d’appeler le 115 plusieurs fois, et ils n’avaient pas de solution pour les plus de trente personnes (…)

Je vais déposer une des familles avec un enfant de 10 ans au formule 1, qui ne sont pas au courant que le 115 les a dirigés là. Ils sont à l’abri jusqu’au 5. Et après ? on ne sait pas. Et comme ils sont enregistrés depuis deux ou trois jours, ils n’ont pas de tickets resto, ni d’argent, et de toute façon ne peuvent pas faire à manger dans l’hôtel (…)
Je suis contente de pouvoir déposer la famille de 4 personnes dans un foyer à Guénange. Je vois que la dizaine de personnes dont 6 enfants en bas âges, à qui j’ai donné des couvertures ce matin à l’avenue de Blida, viennent d’arriver. Il est 20h. Ils sont fatigués, ils ont faim, mais ils doivent attendre dehors car les vigiles n’ont pas leurs noms !

(…) La dame a côté de moi commence à pleurer, sa fille me dit qu’ils ne veulent pas rester là, que des personnes qui étaient dans la cour, leur ont expliqué qu’il y a de la galle, et beaucoup de bêtes dans les chambres. Qu’il n’y a pas d’eau chaude, ni de toilettes correctes. (…) Comment est-ce possible en France, en 2017 ?
J’espère que beaucoup seront d’accord pour se mobiliser et dénoncer ces conditions de vie inhumaines. Sandra.
 »

Pour protester contre cette situatio inacceptable, le Collectif appelle à un rassemblement, samedi 30 décembre 2017 à 14 heures devant l’école de Guénange,9 rue Mozart, tous ensemble. Pour « visiter » le nouveau camp !

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