Edition du samedi 21 octobre 2017

Philippe Richert : démission annoncée

Le président de la région Grand Est devrait annoncer sa démission, ce samedi, au cours d’une conférence de presse.

Philippe Richert, président du Grand Est

Philippe Richert, président du Grand Est

La rumeur courait depuis l’été. Philippe Richert envisageait de jeter l’éponge. On le disait souffrant, las des attaques venues de son propre camp, fatigué même de la politique et de ses sempiternelles chicanes. Les choses se sont accélérées ces dernières semaines lorsqu’il a dû faire face à la fronde de ses amis alsaciens. Il devrait donc annoncer sa démission, samedi 30 septembre 2017 à 15 heures au cours d’une conférence de presse à laquelle il a invité tous les élus de sa majorité.

 Un positionnement aléatoire

Il est vrai que Philippe Richert, homme de droite, ancien ministre de François Fillon, a eu du mal à se positionner au cours de la campagne présidentielle. Il a d’abord soutenu mordicus Nicolas Sarkozy à la primaire. Puis, au second tour, il s’est rapproché d’Alain Juppé qui semblait tenir la corde. Après l’élimination de Juppé il a soutenu François Fillon. Plus récemment, il se disait « Macron compatible ». Ça fait un peu désordre pour un président de région et même pour le président de l’Association des Régions de France qui tenait son congrès, hier à Orléans.
Philippe Richert, 64 ans, a été élu président de la nouvelle région Grand Est le 4 janvier 2016. Cet alsacien pur sucre a commencé sa carrière professionnelle comme enseignant. Prof de sciences naturelle, en 1974, il est nommé principal adjoint du collège de la Wantzenau.
Mais il est attiré par la vie politique. A 29 ans, le voilà conseiller général du Bas-Rhin, élu du canton de La Petite-Pierre. Son mentor d’appelle Adrien Zeller, député-maire de Saverne.

 Ministre de Fillon

Ses qualités personnelles le hissent à la tête du Conseil général du Bas-Rhin en 1998. En 1995, il tire une liste aux municipales de Strasbourg face à la socialiste Catherine Trautmann qui sera élue… au premier tour !
Richert préside l’assemblée départementale jusqu’en 2010. Le 26 mars 2010, il est élu président de la région Alsace. En novembre de cette année-là, il est appelé au gouvernement de François Fillon comme ministre des Collectivités territoriales.
Les choses vont se compliquer par la suite. Richert plaide pour la fusion des deux départements alsaciens au sein d’un Conseil unique d’Alsace. Autrement dit une région Alsace. Le référendum qui en résulte, le 7 avril 2013, est sans appel. C’est non !
Depuis les relations avec les frondeurs alsaciens étaient tendues. Les députés alsaciens lui rendaient la vie difficile. Insupportable, même. Ce fut la goutte d’eau qui emporta sans doute sa décision de démissionner.
Mais on en saura plus demain quand Philippe Richert donnera lui-même des explications.
Qui pour lui succéder ? On parle de Jean Rottner, le maire de Mulhouse. En attendant, c’est le premier adjoint, le mosellan Jean-Luc Bohl qui assurera l’intérim.

M.G.

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