Edition du lundi 18 juin 2018

Présidentielle : Plus que deux jours…

Encore deux jours et cette extravagante élection présidentielle 2017 laissera place aux élections législatives des 11 et 18 juin. Avec son lot de nouvelles surprises.

 

Elections: plus que deux jours

Elections: plus que deux jours (DR)

On touche le bout, enfin ! Car tout le monde sature de cette folle campagne présidentielle qui, depuis six mois, envahit nos écrans, nos radios, nos journaux, nos réseaux sociaux, nos rues… toute notre vie, quoi.
Six mois de surprises, de déceptions, de recomposition de la vie politique de notre beau pays. On ne parle plus que de politique : au bureau, en famille, entre amis. Avec parfois des positions irréconciliables qui provoquent des affrontements regrettables.
Les premières surprises sont venues des primaires à droite. Les deux favoris des sondages furent éliminés. D’abord Sarkozy, l’ancien président de la République, puis Juppé, le maire de Bordeaux. L’outsider Fillon a raflé la mise au deuxième tour de scrutin. Inimaginable quelques jours avant. Puis, sont venues « les affaires » de Pénélope Fillon et de sa famille. Un vrai feuilleton. On connaît la suite.
Les primaires de la gauche n’ont pas été tristes non plus. L’ancien Premier ministre, Manuel Valls, balayé par Benoît Hamon, ce n’était pas prévu.
Et puis il y a eu la campagne électorale, ses affaires, ses onze candidats, dont quelques farfelus et quatre figures qui ont réussi à s’imposer très vite : Emmanuel Macron, le petit nouveau aux dents longues, Marine Le Pen, l’héritière du Front National, François Fillon, démonté par la presse et Jean-Luc Mélenchon, l’insoumis.
Au premier tour, on choisit, au deuxième on élimine. Restent donc deux candidats : Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Logique arithmétique

Dimanche 7 mai 2017, à 20 heures, le visage du nouveau ou de la nouvelle présidente de la République s’affichera sur nos écrans.
L’inconnue, cette fois-ci, n’est pas de savoir lequel des deux apparaîtra. La logique arithmétique voudrait que ce soit Emmanuel Macron.
Mais avec quel score ? 60 contre 40% ou 55 contre 45 ? Autre inconnue de ce scrutin du deuxième tour : quel sera le taux de participation ? Et le nombre de bulletins blancs ou nuls ?
Des réponses à ces questions dépend la suite des événements. Car le message du peuple de France adressé au nouveau Président de la République ne sera pas le même si le nouveau locataire de l’Elysée est confortablement élu ou élu par défaut. De ces chiffres dépendra en partie la composition du nouveau gouvernement. Mais aussi, sans doute, de la majorité parlementaire. Et donc le nouvel équilibre des forces politiques issues des urnes.

Troubles sociaux

Car on va revoter, les 11 et 18 juin 2017 pour élire les députés. Si le nouveau Président a une majorité confortable, l’opposition n’aura que peu d’impact sur les choix à venir. En revanche, si le parti du président n’arrive pas à imposer sa majorité à l’Assemblée, alors le pays risque de devenir rapidement ingouvernable. Avec peut-être une cohabitation en tout début de mandat, ce qui serait une première dans les annales de la 5ème République.
Imaginons, comme le prédisent les sondages, que le nouveau Président soit bien élu et qu’il dispose d’une bonne majorité à l’Assemblée, il devra alors prendre rapidement des dispositions pour améliorer le sort des Français, notamment des plus faibles, des exclus, des chômeurs, des jeunes sans emploi, des retraités, des ouvriers qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, qui s’inquiètent des délocalisations, ceux-là mêmes qui, espérant un avenir meilleur, ont accordé leurs suffrages à Marine Le Pen ou à Jean-Luc Mélenchon.
Dans le cas inverse, la déception sera telle que le pays pourrait connaître une période de troubles sociaux d’autant plus importants que l’espoir suscité pendant la campagne aura été déçu.
Vraiment, il est temps de tourner la page.

Marcel GAY