Edition du vendredi 25 mai 2018

Mis en examen, Fillon refuse de répondre aux juges

L’ancien Premier ministre est poursuivi, notamment, pour une kyrielle de délits présumés dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse et de ses enfants.

Discours de François Fillon, le 1er mars 2017

Discours de François Fillon, le 1er mars 2017 (capture Public-Sénat)

Avec 24 heures d’avance sur ce qu’il avait lui-même annoncé, François Fillon a été mis en examen, ce matin en fin de matinée, par les juges du pôle financier pour « détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. » Mais pas pour trafic d’influence.
Selon son avocat, Me Antonin Lévy, et des infos publiées par le Figaro, le candidat à la présidentielle n’a pas voulu répondre aux questions des juges mais il a fait une longue déclaration dans laquelle il demande à être traité comme un justiciable comme les autres, ne demandant « ni dérogation, ni faveur, mais simplement le respect du droit » en déplorant qu’il s’agisse d’une enquête « exclusivement à charge » et en précisant par ailleurs qu’il irait jusqu’au bout de sa campagne.
« Oui, j’ai employé mon épouse et la réalité de son travail est indéniable », dit-il. « Il est faux de prétendre que tout le monde ignorait que mon épouse était collaboratrice parlementaire. Plusieurs témoins vous confirment la réalité de ce travail, qui correspond en tous points aux déclarations de mon épouse devant les enquêteurs. »

Un feuilleton médiatico-judiciaire

Cette mise en examen d’un candidat à l’élection présidentielle, inédite dans les annales de la 5ème République, remonte au 24 janvier 2017 lorsque le Canard Enchaîné a révélé que l’épouse de François Fillon avait touché de fortes sommes d’argent comme attachée parlementaire alors que son emploi était fictif.
Dès le lendemain, 25 janvier, le Parquet national financier (PNF) ouvrait une enquête préliminaire puis une information judiciaire confiée à trois juges du pôle financier.
Depuis, le feuilleton n’a cessé de rebondir dans la presse, chaque jour apportant son lot de révélations : les enfants du couple Fillon étant également appointés comme attachés parlementaires alors qu’ils étaient encore étudiants.
Malgré le séisme politique provoqué par cette affaire, François Fillon s’est accroché à sa candidature, envers et contre tous. Même mis en examen il reste donc candidat.
L’avenir dira s’il avait raison de s’entêter.

E.L.

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