Edition du samedi 29 avril 2017

    And the winner is… Benoît Hamon

    L’ancien ministre frondeur a brillamment remporté le second tour de la primaire à gauche (58,65%) face à Manuel Valls (41,35%) dont la carrière politique semble désormais compromise.

    Benôit Hamon, candidat du parti socialiste à l'élection présidentielle

    Benôit Hamon, candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle (Photo credit: Saturne via VisualHunt.com / CC BY-SA)

    C’est donc Benoît Hamon qui portera les couleurs du parti socialiste à l’élection présidentielle. Le vainqueur de la primaire de la gauche revient de loin. Donné à 8 ou 10% seulement au tout début de la campagne face à l’ancien Premier ministre, alors largement favori, Benoît Hamon, le challenger, a su inverser la tendance à son profit au cours d’une campagne intelligente et efficace. Il a su proposer une vision plus à gauche du parti socialiste. Il a proposé des thèmes novateurs qui, certes, ont fait débat, comme le revenu universel, mais qui ont occupé l’espace médiatique et politique.
    Au premier tour, le dimanche 22 janvier, Benoît Hamon a donc créé la surprise en arrivant premier du premier tour. Avec 36,1% devant Valls (31,2%), Hamon a aussitôt bénéficié du report des voix d’Arnaud Montebourg (17,7%). Dès lors, les jeux étaient arithmétiquement faits. Restait plus qu’à les confirmer au second tour.
    C’est désormais chose faite.

    Manuel Valls et le 49.3

    Manuel Valls semble sonné par un résultat aussi tranché et peu discutable. L’ancien Premier ministre était certes comptable du bilan peu flatteur du quinquennat Hollande. Mais sa campagne menée en dépit du bon sens et de la logique politique la plus élémentaire, a eu raison de son petit capital de sympathie auprès des électeurs socialistes.
    Parmi les erreurs, nombreuses, de sa communication, Valls a annoncé que, s’il était élu, il supprimerait dans la constitution, de recours au fameux 49.3 pour faire passer un texte au parlement alors qu’il l’a utilisé lui-même à six reprises ? Quel crédit apporter à de telles affirmations ?
    Et puis, son côté martial, ses coups de menton, son côté autoritaire, ses certitudes ont fini par laisser même ses supporters.
    « En fait, on n’a pas voté pour Hamon, on a voté contre Valls » lâche un militant socialiste. « Dans notre pays, depuis bien longtemps, on ne vote plus pour un homme, on vote contre un autre… »

    « Bonne chance »

    Manuel Valls été obligé de reconnaître la victoire de son concurrent. « Benoît Hamon l’a emporté nettement et je tiens chaleureusement à le féliciter, dit-il visiblement ému. J’ai depuis toujours le sens de l’action collective et de la loyauté, je suis profondément attaché au respect des engagements pris. Benoît Hamon est désormais le candidat de notre famille politique. Je veux lui souhaiter bonne chance pour le combat qui est devant lui. »
    De son côté Benoît Hamon a estimé que sa victoire lui donne  » une force considérable pour gagner cette élection présidentielle… Ce soir, la gauche relève la tête, elle veut gagner. »
    Mais le nouveau héraut du PS n’a pas perdu de temps. Quelques minutes seulement après l’annonce des résultats, il annonce qu’il proposera « dès lundi » à Yannick Jadot (écologiste) et à Jean-Luc Mélenchon  » de construire une majorité gouvernementale cohérente et durable. »

     

    Marcel GAY

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