Edition du jeudi 17 août 2017

    PS : la déchirure

    Commentaire. Quel que soit le vainqueur de la primaire de la gauche, dimanche 29 janvier, Benoît Hamon ou Manuel Valls, la fracture au sein de la famille socialiste restera profonde et durable.

    Manuel Valls, Benoît Hamon s'affrontent pour le second tour de la primaire

    Manuel Valls, Benoît Hamon s’affrontent pour le second tour de la primaire (capture Euronews)

    Le résultat du premier tour de la primaire de la gauche est chargé d’enseignements. Il souligne le sévère désaccord qui oppose deux gauches, deux politiques, deux visions de la société française au sein de la famille socialiste.
    Le score inattendu du frondeur Benoît Hamon (36,35%) qui distance de plus de cinq points Manuel Valls (31,11%) dit assez combien les militants ont voulu sanctionner la politique menée durant le quinquennat de François Hollande dont l’ancien Premier ministre reste comptable. C’est d’ailleurs moins la politique menée par Manuel Valls à Matignon qui a été désavouée dans les urnes dimanche que la façon dont il l’a incarnée. A coups de 49.3 (à six reprises). De coups de force pour imposer une ligne réformiste, social-démocrate. Pour imposer sa vision de la laïcité, de la France dans un monde multipolaire. Manuel Valls veut instaurer un revenu décent, un service civique obligatoire, défiscaliser les heures supplémentaires…

    Bref, Manuel Valls incarne l’aile droite du parti socialiste, proche en fait, de celle d’Emmanuel Macron.
    A l’inverse, Benoît Hamon est le héraut de la frange la plus à gauche du parti socialiste, celle qui prône le revenu universel, la suppression de la loi Travail, réduire le temps de travail, qui veut taxer les robots, mettre en place un 49.3 citoyen, donner la priorité à l’écologie, instaurer des visas humanitaires pour les réfugiés, légaliser le cannabis, sortir de la culture de la détention…. Bref, passer à la 6ème République… A bien des égards, il se rapproche des options de Jean-Luc Mélenchon.

    Une semaine pour convaincre

    La semaine qui commence sera doute celle de la déchirure pour le parti socialiste. Les hostilités entre les deux candidats du second tour ont commencé à s’étriper par médias interposés.
    Ce matin, sur RTL ? Valls a fustigé l’ancien ministre de l’Education et son revenu universel « Si c’est pour proposer le même revenu à tout le monde, du chercher à celui qui en a le plus besoin, qui est au chômage… c’est non » a expliqué l’ancien Premier ministre. « Sa candidature [celle de Benoît Hamon] conduirait à une « défaite assurée.
    Réponse du Berger à la bergère, sur France Inter : « Tout ça, c’est de la vieille politique… Ce genre d’arguments, je le lui laisse. Je ne procède pas par oukases. Je suis ravi de débattre avec lui. J’espère qu’il aura un deuxième argument. »
    On le voit, la guerre est déclarée. Une nouvelle bataille aura lieu mercredi, lors du seul débat entre les deux tours sur France2. Ca va barder. Dimanche 29 janvier, les électeurs décideront. Mais, d’ores et déjà on sait que ces primaires laisseront des plaies profondes au sein de la famille socialiste.

    Marcel GAY

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