Edition du mercredi 29 mars 2017

    « Oui, je suis candidat à la présidence de la République » (Manuel Valls)

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    Manuels Valls annonce sa candidature à l’Elysée (capture BFMTV)

    C’est depuis Evry, la ville dont il a été maire puis député, que Manuel Valls a choisi d’annoncer sa candidature à l’Elysée. Il quittera Matignon demain pour s’engager dans la campagne électorale. François Hollande nommera dans la foulée un nouveau gouvernement.

    « Je veux tout donner à la France qui m’a tant donné » a déclaré Manuel Valls dans un discours-fleuve depuis sa mairie d’Evry. « Ici, où je me suis marié, ici, dans ma ville de cœur, intense, attachante (…) je suis candidat parce que la France doit peser de tout son poids dans un monde qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était : menace terroriste, réchauffement climatique… »
    Le Premier ministre s’est adressé à François Hollande en ces termes : « Je veux lui dire ma très grande fierté d’avoir assumé à ses côtés ces responsabilités immenses, intenses et d’avoir engagé des réformes essentielles. »
    Puis il ajoute : « Le temps est venu d’aller plus loin dans mon engagement. Le sens de l’Etat me fait considérer que je ne peux plus être Premier ministre tout en étant candidat… Je veux me battre contre la droite, son candidat, son programme, ses vieilles recettes des années 80 qu’ils nous présentent comme une avancée alors que c’est un recul social généralisé. »

     Dans l’arène

    Depuis des mois il piaffait d’impatience en attendant de se lancer dans la course à l’Elysée. Il s’y préparait depuis longtemps. Quatre jours seulement après le renoncement de François Hollande, plus rien ne pouvait retenir le Premier ministre. Le voilà donc dans l’arène, fier comme un torero, prêt à affronter tous les dangers.
    Toute la question est désormais de savoir si Manuels Valls saura rassembler non seulement les socialistes mais au-delà. Certes, des huit candidats à la primaire de la gauche d’ores et déjà déclarés, c’est celui qui a le plus d’expérience politique : il a été ministre de l’Intérieur et Premier ministre. Mais il devra aussi assumer le bilan du quinquennat Hollande. Et surtout son passif économique. Le nombre de chômeur n’aura jamais été aussi élevé que depuis Hollande.

    Un nouveau gouvernement

    Nommé Premier ministre le 31 mars 2014, Manuel Valls va présenter la démission de son gouvernement. Il revient désormais au président de la République de nommer un nouveau Premier ministre, lequel sera chargé de former un nouveau gouvernement. Sans doute très vite. Peut-être même avant le Conseil des ministres de mercredi 7 décembre 2016.
    Ensuite, la Constitution prévoit, dans son article 49.1 que « le Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement » devant l’Assemblée nationale après une déclaration de politique générale.
    Mais à cinq mois de l’élection présidentielle, que pourra bien valoir cet exercice démocratique ? D’autant que le Parlement devra suspendre ses travaux à la fin du mois de février 2017 à cause, précisément, des élections présidentielles. Durant deux mois et demi, le nouveau gouvernement et donc le nouveau Premier ministre, en seront réduits à expédier les affaires courantes.

    E.L.

    Bio express

    Manuel Carlos Valls Galfetti est né à Barcelone en 1962. Fils d’un artiste-peintre catalan et d’une mère Suisse, Manuel Valls est naturalisé français à l’âge de 20 ans seulement. Il effectue son service militaire dans l’armée de terre. Il fait ses études à la Sorbonne où il décroche une licence en histoire en 1986. Un an plus tard, il épouse Nathalie Soulié qui lui donne quatre enfants. Divorcé, il se remarie avec la violoniste Anne Gravoin en 2010.
    Manuel Valls est très tôt attiré par la politique. A 17 ans il soutient Michel Rocard avec le Mouvement des Jeunes Socialistes. A l’université, il rencontre deux étudiants avec lesquels il va se lier d’une indéfectible amitié : Alain Bauer et Stéphane Fouks.
    Quelques années plus tard, Manuel Valls entre au cabinet de Michel Rocard, Premier ministre. Puis, il devient responsable de la communication au parti socialiste, puis de la communication de Lionel Jospin.
    Après avoir occupé différents postes très poliotiques, il est élu en mars 2001 maire d’Evry (Essonne) puis député de la première circonscription de l’Essonne en juin 2002.

    En quelques années, il fait d’Evry une ville « où il fait bon vivre » même si ses détracteurs lui reprochent d’avoir fait placer des centaines de caméras vidéo dans les rues de la ville et d’avoir fait armé sa police municipale.
    Il abandonne ses fonctions de maire et de député en 2012 après l’élection de François Hollande, lorsqu’il fut nommé au gouvernement, comme ministre de l’Intérieur d’abord, comme Premier ministre, ensuite.
    Manuel Valls a été initié au Grand Orient de France en 1988. Il en démissionnera en 2005.

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