Edition du samedi 29 avril 2017

    François Bayrou sort du bois

    Le président du MoDem que l’on n’avait pas entendu jusqu’ici vient à la rescousse d’Alain Juppé. Il juge le programme de François Fillon « dangereux » et menace de se présenter à la présidentielle.

    Francois-bayrou

    François Bayrou (Photo credit: Régions Démocrates 2010 via Visualhunt.com / CC BY)

    Cette fois, ça chauffe ! Entre les deux finalistes de la primaire à droite, Alain Juppé et François Fillon, le ton est à l’aigre. On se jette des projets à la figure, on s’envoie des invectives par médias interposés, on s’accuse de tous les maux. Bref, c’est la guerre entre Alain et François à deux jours du grand débat (jeudi) avant le second tour, dimanche 27 novembre.
    Et au beau milieu de ce vacarme politique, une voix que l’on n’a pas entendue depuis des lustres…. Celle de François Bayrou, le maire de Pau, le président du MoDem, le troisièmeuh hommeuh des dernières élections présidentielles. Il arrive. Car il n’est pas content, lui non plus, que son ami le maire de Bordeaux ne soit pas arrivé en tête du premier tour de la primaire de la droite ET du centre. Son ami Alain que tous les sondages donnaient favori, il y a seulement une semaine, est loin derrière son rival François Fillon. Pire : de nouveaux sondages (mais faut-il les croire ?) donnent maintenant Fillon vainqueur par 65 contre 35 !
    Alors, enfourchant son grand cheval blanc (comme celui d’Henry IV), le pyrénéen chevauche au grand galop pour venir en aide à son voisin de Bordeaux, il sort son épée et frappe de taille et d’estoc. Le programme de Fillon ? Il le juge « dangereux ». Il l’explique à l’agence Reuters : « Les choix que je découvre dans le projet que présente François Fillon sont des choix qui me paraissent dangereux pour l’alternance et pour le pays ».
    Il préfère, évidemment, le projet d’Alain Juppé « beaucoup plus progressif ». Et si les choses tournent mal pour son héraut bordelais, le maire de Pau ne s’interdit pas de se présenter lui-même, pour la quatrième fois, à l’élection présidentielle.
    Il l’a dit à Reuters en ces termes : « [J’ai] l’intention de faire mûrir un projet plus dynamique pour le pays, plus juste et plus social que celui qui est proposé aujourd’hui [par François Fillon-NDLR]. Je suis absolument libre de mes choix que je ferai en fonction de l’intérêt national. »
    Bon, maintenant c’est sûr, il va y avoir du grabuge. A quand les coups de batte de baseball?

    M.G.

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