Edition du jeudi 17 août 2017

    Primaire de la droite : tous contre Sarkozy !

    Le deuxième round de la primaire de la droite, jeudi 3 novembre 2016 sur BFMTV et i-Télé a été un peu moins fade que le premier. Les sept candidats se sont envoyé quelques amabilités à la figure. Ce sera plus violent sans doute le 17 novembre, pour le troisième débat, à trois jours de l’élection.

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    Duel Juppé-Sarkozy (capture BFMTV)

    Cette fois, il fallait bien se démarquer, il fallait montrer sa différence, faire savoir que l’on était le meilleur des sept prétendants au trône de France. Il fallait monter que les sondages ne doivent pas tenir lieu de vote en lieu et place des électeurs. Voilà pourquoi les candidats à la candidature se sont un peu lâchés, jeudi soir. Mais pas trop car il ne faut jamais insulter l’avenir.
    Au menu de ce débat de deux heures trente, salle Wagram, des sujets d’actualité : la fonction présidentielle, la sécurité, la délinquance, le terrorisme, l’éducation… Le bla-bla habituel.
    Que faut-il en retenir ? Cette étrange impression que tout semble joué d’avance. Alain Juppé reste le favori. Nicolas Sarkozy reste le challenger, en deuxième position, mais loin derrière. Les cinq autres candidats ne peuvent plus remonter la pente d’ici la fin du mois. D’où ce sentiment qu’ils ménagent le possible futur président de la République. Le débat (le combat ?) a plutôt tourné au règlement de comptes contre Sarkozy.

    « Les mots ont un sens ! »

    Bruno Le Maire : « Certains, sur ce plateau, avaient promis de ne pas se représenter s’ils avaient été battus… S’ils avaient tenu leurs promesses on serait peut-être moins nombreux sur ce plateau. »
    Petit précision supplémentaire à l’adresse de Nicolas Sarkozy : « Tu avais dit avant 2012 que tu ne te représenterais pas si tu perdais. Les mots ont un sens. »
    Réponse du berger à la bergère : « Commence d’abord par essayer d’être élu ! Tu verras que c’est très difficile. » L’ancien président ajoute : « C’est la défaite qui fait apprendre des choses et faire évoluer une personnalité. Je souhaite d’ailleurs que ça t’arrive. »
    Manifestement fâché d’avoir été apostrophé, Sarkozy en rajoute une couche : « Si, quand on est battu, on n’a plus le droit de se présenter… Je te rappelle que tu as été battu à la présidence de l’UMP ! J’en suis heureux pour moi et désolé pour toi. »

    « Une erreur folle »

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    De nombreuses philippiques entre candidats (capture BFMTV)

    Jean-François Copé, crédité de 3% d’intentions de vote, se paie Sarkozy qui, lors du précédent débat l’avait un peu égratigné.
    Copé : « Les Français reprochent aux présidents successifs une certaine forme d’inconstance, de versatilité. La France ne peut plus avoir un président versatile. » Et pour qu’il comprenne bien, Copé ajoute : « J’ai trouvé un peu bizarre de faire l’ouverture à gauche il y a une dizaine d’années. »
    Ce n’est pas tout : « On a été battus en 2012. On a certainement fait des réformes formidables mais elles n’ont pas suffi à permettre les résultats qui nous auraient permis d’être réélus. »
    Et encore un petit coup sur la tête : « Si aujourd’hui les policiers et les gendarmes sont dans cet état de colère, c’est parce qu’une erreur folle a été commise il y a une dizaine d’années de réduire de manière drastique les effectifs de police alors que la droite était au pouvoir. Nous avons diminué de 13.000 les effectifs de police et de gendarmerie entre 2007 et 2012. C’est un fait. »

    Bayrou, invité fantôme

    Passe d’armes entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy.
    -NKM : « Je regrette qu’aujourd’hui tu dénigres de cette manière le Grenelle de l’Environnement ».

    -Sarkozy : « Si j’avais été élu en 2012, je pense que Nathalie se serait fait violence pour m’accompagner encore… Je ne regrette pas ta nomination, Nathalie. Je ne suis pas sûr de le refaire mais je ne regrette pas ta nomination. »
    -NKM : « Je t’ai vu de près et justement, maintenant, je suis candidate contre toi. »
    Nicolas Sarkozy a mis un autre sujet sur le tapis : sa haine contre François Bayrou. Jupé réplique : « Bayrou ne m’a rien demandé, le programme c’est le mien et le Premier ministre sera membre du parti LR. »
    Comme le débat s’éternise sur l’alliance avec François Bayrou, Alain Juppé ranche : « Dans toutes les récentes élections locales nous avons été bien heureux de s’allier avec le MoDem, le MoDem de François Bayrou. Cette attitude de partir en guerre comme ça contre une tête de Turc est suicidaire. » Et enfin : « Je n’ai pas envie de continuer sur ce thème qui n’est pas à la hauteur des enjeux. »
    Fermez le ban !
    Bon, on l’a compris : même dans son propre camp, plus personne ne veut de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. La droite va forcément se regrouper autour d’Alain Juppé. Dans un sondage après le débat, le maire de Bordeaux est crédité de 10 points de plus (34%) que Nicolas Sarkozy (24%). Les jeux sont (presque) faits.

    Marcel GAY

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