Edition du vendredi 17 novembre 2017

Un fonds souverain régional

Outre quelques escarmouches à fleuret moucheté, la séance plénière du Conseil régional qui s’est tenue à Metz aujourd’hui a surtout débattu des orientations budgétaires pour 2017.

Philippe-richert

Philippe Richert. Conseil régional Grand Est (DR)

Après le long propos introductif du président Philippe Richert et quelques coups de gueule habituels du Front National, les 169 élus du Grand Est ont planché sur plusieurs dossiers dont les orientations budgétaires pour l’exercice 2017 constituaient le morceau de choix de ce copieux menu.
Il a été engagé après le déjeuner, comme l’a rappelé Marc Sebeyran (vice-président aux Finances). Ces orientations concernent un budget de 2,8 Md €. « Elles annoncent un budget d’action : agir pour l’emploi, pour la jeunesse, pour les territoires… » des nouvelles politiques publiques
Philippe Richert avait préalablement expliqué que « l’année 2017 sera une année décisive. En effet, nous aurons à définir les nouvelles politiques publiques dans la concertation la plus large possible, les stratégies d’ensemble qui structureront notre action. »

Il précise : « Dès le premier semestre 2017, nous mettrons en place un fonds souverain régional, destiné à soutenir les PME. Nous lancerons la délégation de service public pour le déploiement du Très Haut Débit sur l’ensemble du territoire régional. Nous aurons renforcé par de nouveaux dispositifs le Pacte pour la ruralité. Nous nous serons dotés d’un nouveau SRDEII, notre feuille de route pour l’action économique. Nous aurons défini de nouvelles stratégies d’intervention pour le sport, la culture ou encore le tourisme. Nous aurons mis en place un Conseil régional des jeunes ,du Grand Est. Nous exercerons également, dès le 1er janvier 2017, de nouvelles compétences notamment dans le domaine économique et dans celui des transports interurbains…
2017 promet de l’action et du rythme ! Si ces orientations budgétaires fixent les quatre priorités de notre mandat (emploi, jeunesse, attractivité, développement des territoires), elles consacrent l’ambition de la Région Grand Est : être une collectivité de mission et de proximité. »

Pas de clanisme

La matinée avait commencé par quelques fortes paroles venant des bancs du FN. Notamment à propos des avantages supposés consentis à l’Alsace au détriment des deux autres régions, la Lorraine et la Champagne-Ardenne, qui a enflammé les débats de la matinée.
Pour y couper court, Valérie Debord, vice-présidente, a rappelé les chiffres. Sur 1857 dossiers, une somme de 747 M€ ont été engagés. Dont 33% pur l’Alsace, 25 pour la Champagne-Ardenne et 41% pour la Lorraine.
Puis, Philippe Richert a enfoncé le clou. S’adressant à Florian Philippot : « Nous sommes ici pour parler de nos dossiers et pas de sujets nationaux. Nos dossiers ? Ce sont 200 trains de plus qui circulent dans la région sans que cela nous coûte un sou, c’est ce que nous faisons pour l’agriculture… Nous voulons construire ensemble y compris avec le Front national, la meilleure politique pour notre région qui réponde aux besoins et enjeux de notre territoire… Vous racontez des mensonges en laissant croire que la répartition des aides se ferait en fonction d’un clanisme. »
Quelques échanges aigres-doux ont été échangés parfois entre la droite et la gauche. Mais n’est-ce pas ce qui fait le charme de la vie politique ?

E.L.

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