Edition du samedi 19 août 2017

    Une primaire aussi chez les écolos

    Une primaire aussi chez les écolos

    Les écologistes participent séparément à la course à l’Elysée. Si Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy ont décidé de concourir dans le cadre de la primaire à gauche, quatre autres figures écologistes ont leur propre sélection. Premier débat télévisé, ce mardi 27 septembre à 18 heures sur les chaînes parlementaires (LCP et Public Sénat).

    cecile-duflot

    cecile-duflot (Matthieu Riegler, CC-by)

    Finalement, ils sont quatre sur la ligne de départ. Quatre personnalités d’Europe Ecologie-Les Verts pour un affrontement sans merci jusqu’au 19 octobre (premier tour) et 6 novembre (deuxième tour). Mais qui sont-ils ?

    Cécile Duflot est sans doute la candidate au parcours politique le plus abouti. Députée de la 6ème circonscription de Paris, cette urbaniste de 41 ans a été nommée ministre du Logement et de l’Egalité des Territoires des gouvernements Ayrault I et II.
    Ecologiste dans l’âme, elle a adhéré au parti des Verts en 2001. Elue secrétaire nationale en 2006, elle participe déjà à l’investiture pour la présidentielle de 2007 mais n’arrive qu’en troisième position (23,29%) derrière Dominique Voynet (35,45%) et Yves Cochet (28,33%).
    Ministre, elle plaide pour la dépénalisation du cannabis et s’oppose vigoureusement à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle se distingue encore au sein du gouvernement par son opposition à l’EPR de Flamanville. Ses prises de positions en faveur du vote des étrangers lui valent quelques inimitiés. Mais, surtout, elle s’oppose à Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur) sur le sort fait aux Roms. Si bien que lorsque Valls est nommé Premier ministre, Cécile Duflot préfère ne pas participer à son gouvernement.
    On retiendra de son passage au ministère la loi du 18 janvier 2013 qui porte son nom en faveur de la construction massive de logements sociaux.
    Son programme ? La candidate à la primaire propose une sortie totale du nucléaire, un traité environnemental européen.

     

    Yannick Jadot est peu connu du grand public mais jouit d’une grande popularité auprès des militants écologistes. Cet économiste de 49 ans a vécu plusieurs années au Bukina Faso et au Bengladesh avant de s’engager au sein d’une ONG spécialisée dans le suivi des négociations internationales.
    Entre 2002 et 2008, Yannick Jadot est directeur de campagne Greenpeace pour la France, cofonde L’Alliance pour la Planète, qui regroupe de nombreuses associations écologistes du monde.
    Le 1er septembre 2008, il s’engage en politique avec Europe-Ecologie et participe aux élections européennes. Il est élu député européen en juin 2009.
    Son programme ? La relance de l’économie grâce à un plan ambitieux, le retour au service civil obligatoire.

    Karima Delli est députée européen depuis 2009, élue dans la circonscription du Nord-Ouest. Cette jeune femme de 37 ans, fille d’immigrés algériens, est la 9ème d’une fratrie de 13 ans.
    Après son bac, elle passe un diplôme de BTS action commerciale à Lille, puis obtient un DEA science politique à l’IEP de Lille. Elle adhère au parti des Verts en 2005 et deux ans plus tard, en 2007, elle est élue secrétaire fédérale des Jeunes Verts. Elle adhère au mouvement Jeudi Noir (qui dénonce notamment la flambée du prix de l’immobilier).
    Toute son action politique est dirigée en faveur des plus démunis. Dans le cadre de son mandat de députée européen, Karima Delli s’investit dans la lutte contre la pauvreté et obtient notamment une résolution visant à créer un « revenu minimum » dans l’Union Européenne. En 2014, elle est réélue députée européenne.
    Son programme ? Toujours la lutte contre la pauvreté. Elle entend représenter la relève à la gauche de son parti EELV.

    Michèle Rivasi est députée européen depuis 2009, réélue en 2014. Prof agrégée de sciences naturelles, âgée de 63 ans, elle enseigne à l’IUFM de Grenoble et au lycée de Pierrelatte. Elle a été députée de la Drôme de 1997 à 2002.
    Fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD) en 1986 après la catastrophe de Tchernobyl, elle a également cofondé, avec Corinne Lepage l’Observatoire de vigilance et d’alerte écologiste (OVALE). Présidente du Centre de recherche et d’information indépendante sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), Michèle Rivasi est notamment l’auteur d’un livre intitulé : « Ce nucléaire qu’on nous cache » (Albin Michel, 1998).
    Son programme ? Proche de Nicolas Hulot, cette scientifique plaide pour un revenu garanti universel pour tous. Elle prône une « véritable fiscalité écologique fondée sur la justice sociale et le principe du pollueur-payeur ». Elle réclame aussi la réquisition des logements vacants pour lutter contre le mal logement.

    M.G.

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