Edition du dimanche 24 juin 2018

Ristournes au candidat Macron : Une commission bienveillante traitée avec bienveillance…

Christian Eckert, ancien secrétaire d’Etat au budget dénonce sur son blog la forte augmentation de salaire du président de la Commission nationale des comptes de campagne…

Christian Eckert, ancien secrétaire d'Etat au Budget (DR)

Christian Eckert, ancien secrétaire d’Etat au Budget (DR)

A la tête de la Commission nationale des comptes de campagnes et financements politiques (CNCCFP) depuis 2005, son Président a vu son salaire augmenter fortement cette année…
Un décret paru au Journal officiel le 30 mai dernier prévoit que le traitement du fonctionnaire soit nettement revalorisé.
Concrètement, son salaire passe de 4 574 euros par mois à 7 182 euros nets. Une augmentation de 57 % qui, cerise sur le gâteau, a un effet rétroactif au 1er janvier. En plus de cette augmentation de salaire, le fonctionnaire percevra une indemnité annuelle de 9 500 euros bruts.
Ce fonctionnaire a donc aujourd’hui un salaire substantiellement plus élevé qu’un Secrétaire d’État ou qu’un député…

75% des remises

Pourquoi cette augmentation brutale de plus de 50% ? Est-ce lié aux turpitudes que révèlent jour après jour la presse d’investigation à propos des ristournes exceptionnelles obtenues par le candidat Macron sur les prestations fournies par des entreprises dans le cadre de sa campagne ?
Une entreprise n’a pas le droit d’aider financièrement un candidat. L’article L52-8 du code électoral est très clair : « Les personnes morales, à l’exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d’un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués. »
Alors peut-elle lui fournir des prestations avec des remises allant jusqu’à 75% ? Un collégien comprendrait que cela est illégal ! Et un haut fonctionnaire payé subitement par le « Nouveau Monde » plus qu’un membre du gouvernement ne s’en émeut pas ?
Les responsables d’En Marche se défendent en affirmant avoir « bien négocié les prix ». Un joli conte de Noël raconté aux enfants !
Si on veut que les français se désintéressent encore un peu plus de la vie politique, on ne s’y prendrait pas autrement.
Même pas honte !

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