Edition du vendredi 20 juillet 2018

Sarkozy toujours en garde à vue

L’ancien Président de la République est entendu par les policiers de Nanterre sur les soupçons de financement illégal de sa campagne de 2007 depuis mardi matin.

Nicolas Sarkozy est soupçonné de corruption dans l'affaire des écoutes (DR)

Nicolas Sarkozy est soupçonné de corruption dans l’affaire des écoutes (DR)

L’ancien chef de l’Etat est entendu sous le régime de la garde à vue par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), de Nanterre (Hauts-de-Seine). Ils enquêtent dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 19 avril 2013 par deux juges, Serge Tournaire et René Grouman, pour « corruption, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blanchiment, complicité et recel de ces délits. » L’affaire portent sur des soupçons de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 par une puissance étrangère, la Libye.

Une note de Médiapart

A l’origine de toute l’affaire, une info de Médiapart qui, en avril 2012, publie une note des services secrets libyens datée de décembre 2006. Le journal en ligne révèle qu’un accord de principe est intervenu entre le colonel Kadhafi et Nicolas Sarkozy pour le versement de 50 M€ destiné à la campagne électorale.
Cette note est fortement contestée. Pourtant, le magazine Pièces à conviction, de France 3 diffuse peu après une interview audio de Kadhafi dans laquelle le leader libyen déclare : « C’est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner les élections (…) Il est venu me voir alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Il m’a demandé un soutien financier. Et on l’a soutenu… » Propos confirmés par l’un des fils du Guide, Saïf Al-Islam et par plusieurs dignitaires du régime libyen.
Nicolas Sarkozy a fermement démenti ces accusations. Il a déposé plainte contre Médiapart, notamment, pour « publication de fausse nouvelle. » Ce qui n’a pas empêché les juges Tournaire et Grouman de continuer leur travail. Le 3 septembre 2013 ils décident de placer le téléphone de l’ancien président sur écoute. Mais aussi celui des anciens ministres de l’Intérieur Brice Hortefeux et Claude Guéant. De là va naître l’affaire duites « des écoutes ».

Intermédiaire et porte-valises

L’enquête va rebondir en 2016 avec les révélations fracassantes d’un intermédiaire douteux, Ziad Takieddine. Celui-ci met en cause directement Nicolas Sarkozy et l’ancien secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant. Il précise même avoir joué les intermédiaires et les porte-valises. Dont 500.000 € en liquide.
Claude Guéant a été mis en examen en mars 2016 pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, suite à la découverte de la vente suspecte de deux tableaux flamands.
En revanche, Nicolas Sarkozy n’avait jamais été entendu dans ce dossier.
La garde à vue peut durer 48 heures.

M.G.

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