Edition du lundi 20 novembre 2017

Plainte pour agression sexuelle contre un député de Moselle

L’ancienne directrice de campagne de Christophe Arend (LREM) élu dans la 6ème circonscription de la Moselle a déposé plainte ce vendredi 20 octobre 2017 pour harcèlement et agression sexuelle. Le député annonce une plainte en dénonciation calomnieuse.

Le député Christophe Arend à l'assemblée nationale (capture A.N.)

Le député Christophe Arend à l’assemblée nationale (capture A.N.)

C’est une jeune femme de 29 ans qui s’est confiée à France Info. Elle affirme avoir déposé plainte contre celui dont elle fut la directrice de campagne puis attachée parlementaire. Elle explique qu’elle s’est engagée dans le mouvement En Marche dès le mois d’avril 2017. Elle fait la connaissance de Christophe Arend, 42 ans, dentiste à Forbach qui veut se lancer dans la campagne des législatives.
« Il s’est vite rendu compte que j’avais plein de compétences, j’ai fait un master en sciences politiques et philosophie politique au Canada. Il s’est dit qu’il pouvait me donner de plus en plus de responsabilités jusqu’au moment où il m’a demandé d’être sa directrice de campagne » explique-t-elle à France-Info.
C’est alors, affirme encore la jeune femme, que les ennuis ont commencé. Elle explique que tous les jours elle avait droit à des réflexions, genre « t’as de jolis petits seins » ou « Ah bah, j’ai une belle vue, t’as des belles fesses, ouais, il te va bien ce pantalon ! ».
Puis, les choses ont « dégénéré » ajoute l’ex-attachée parlementaire. Elle assure à France Info avoir été « plaquée contre le mur », il cherchait à l’embrasser…

Pourquoi maintenant ?

Une fois élu (en battant Florian Philippot), Christophe Arend serait devenu plus familier encore. « Par exemple, il passe et essaie de dégrafer mon soutien-gorge, de me toucher les seins. Moi, j’ai compris. Dès qu’il arrive par derrière, je sais qu’il va essayer donc je me protège systématiquement les seins … Une fois, il arrive et m’enfonce un doigt dans la bouche en mimant une fellation et en me disant : « T’as une jolie bouche, fais voir ce qu’elle sait faire et toc, voilà », ajoute-t-elle.
La jeune femme a arrêté de travailler pour le député Arend en juillet. Quand on lui demande pourquoi elle n’a pas déposé plainte plus tôt, elle répond que c’est l’affaire Weinstein qui a été un déclencheur pour elle. Elle parle en espérant que d’autres attachées parlementaires qui subissent le même harcèlement, parleront à leur tour.
Interrogé par la presse locale, le député Arend a déclaré « n’avoir rien à se reprocher. » Il a déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse et dit faire « confiance à la justice ».

Emilien Lacombe

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