Edition du samedi 21 octobre 2017

Bure : après la baston, les perquisitions

Les forces de l’ordre ont mené plusieurs perquisitions, mercredi, à Bure et dans les environs qui font suite aux violents affrontements du 15 août dernier.

Plusieurs centaines de manifestants ont voulu en découdre avec les forces de l'ordre (Capture France Bleu Sud-Lorraine)

Plusieurs centaines de manifestants ont voulu en découdre avec les forces de l’ordre (Capture France Bleu Sud-Lorraine)

Quelque cent cinquante gendarmes ont mené une série de perquisitions, mercredi matin, contre les opposants au projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse).
Cette opération spectaculaire était menée à la fois dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction de Bar-le-Duc chargé d’élucider les circonstances de l’incendie partiel, en juin dernier, d’un hôtel-restaurant situé près des installations de Cigéo et de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Bar-le-Duc suite aux affrontements violents du 15 août 2017.

La résistance continue

Les enquêteurs se sont plus particulièrement attardés dans la Maison de la Résistance où ils ont saisi du matériel informatique mais aussi des casques, des masques, des pétards, des fusées de détresse, des lance-pierres etc. et un peu de résine de cannabis.
Dans l’après-midi, plusieurs manifestations ont été organisées par les anti-Bure dans plusieurs villes de la région, dont Bar-le-Duc.
Dans un long communiqué, la Coordination Burestop, l’Asodedra (88), le Cedra52 et l’Eodra « dénoncent vivement l’opération de perquisition ». Elle écrit : « Le gouvernement montre encore aujourd’hui sa totale inféodation à l’empire du nucléaire français qui s’impose sans concertation, qui brutalise les populations réticentes et plaque sa filière au mépris de toute exigence démocratique. Pourtant le projet Cigéo/Bure est plus fragilisé que jamais, notamment via les deux avis de l’ASN et de l’IRSN sur le dossier Sûreté de l’Andra, remettant en question la conception globale de Cigéo. Et les déboires juridiques de l’Andra entament jour après jour la confiance de l’opinion publique. »

« Que fait Nicolas Hulot » ?

Va-t-on emprisonner à présent tous les citoyens et citoyennes de ce pays qui alertent, depuis 30 ans, sur la dangerosité et l’absurdité de ce projet ? Museler l’opposition est d’ores et déjà impossible !
Que fait le soi-disant comité éthique de l’Andra ?
Comme l’écothèque de Bure qui se veut une garantie de la valeur « écologique » de Cigéo, le comité éthique de l’Andra se prévaut d’intentions ronflantes telles la Gouvernance ouverte et démocratique de grands projets. Mais le gouvernement, l’agence -et ses vigiles- appliquent une toute autre politique sur le terrain.
Présence policière incessante et angoissante dans les villages, contrôles injustifiés des véhicules par des policiers armés de mitraillettes, survols fréquents par hélicoptère, utilisation d’armes offensives et mutilantes lors des manifestations, tout est fait pour que l’opposition à Cigéo soit criminalisée et/ou fasse peur.
Récemment un jeune de 18 ans a été arrêté et menotté à Bonnet par une patrouille en civil du PSIG puis auditionné pour « violences volontaires » envers les forces de l’ordre, alors qu’il réagissait au harcèlement qui devient le quotidien des habitants. Ce matin, l’ampleur et la brutalité des perquisitions -sous quel motif précis au juste- fait encore monter d’un cran la tension.
Que fait Nicolas Hulot, pourtant opposé à Cigéo ?
Trois demandes de rendez-vous, de la part des associations locales qui s’inquiètent de la montée du climat de tension locale, restent sans réponse. Le nouveau ministre de la Transition écologique joue aussi un jeu dangereux, qui ménage largement la filière électronucléaire. Pour preuve, l’actuelle campagne publicitaire d’Engie qui ose faire passer le nucléaire pour une énergie renouvelable (ENR), championne de la lutte contre les émissions de CO2. »

Emilien LACOMBE

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