Edition du jeudi 24 août 2017

    Conjoncture : reprise en vue mais l’emploi ne suit pas

    « Le climat des affaires s’améliore » a constaté Daniel Dupont, directeur départementale de la Banque de France devant un parterre de chefs d’entreprise invités, jeudi, par la CCI 54. Mais toujours pas d’embelli pour l’emploi.

    Une centaine de chefs d’entreprise ont répondu à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle, le 9 février 2017, à l’occasion de la présentation d’une enquête de la Banque de France sur la conjoncture économique régionale. Présentation aussi des mesures phares inscrites dans la loi de finances 2017 à destination des entreprises.
    En préambule, le président de la CCI 54, François Pélissier a rappelé que la réorganisation des CCI au niveau de la région Grand Est est terminée. Il existe une chambre régionale et des chambres départementales. « La CCI 54 est désormais en ordre de marche » a souligné le président. Avec 30 M€ de CA, 150 services aux entreprises, la CCI 54 « pousse la formation » et met en exergue quelques projets phares, comme le port de Frouard, l’Aéropole du Grand Nancy, seul aérodrome d’affaires du Grand Est. François Pélissier a rappelé le grand dîner du 23 mars 2017 à Picot au cours duquel des spécialistes viendront parler des dix technologies clés qui vont bouleverser le fonctionnement de nos entreprises.

    cci-54-francois-pelissier-09-fevrier-2017

    CCI 54 – Mot du Président François Pelissier – Bilan 2016 et perspectives 2017

    Rebond attendu en 2017

    Avant de commenter la note de conjoncture de ce début d’année 2017, le directeur départemental de la Banque de France, Daniel Dupont et la responsable du service éco du département 54 ont précisé que l’enquête a été réalisée à partir d’un échantillon représentatif de 1932 entreprises ou établissements du Grand Est, appartenant à l’industrie, à la construction ou aux services marchands.
    « Le climat des affaires d’améliore » a précisé d’emblée Daniel Dupont malgré un contexte international incertain. En 2016 les chiffres d’affaires ne progressent pratiquement pas dans l’industrie (+0,1%), légèrement plus dans la construction (+0,2%) et un peu mieux dans les services (+ 1,5%).

    Bilan 2016 et perspectives 2017 pour l'économie du Grand Est

    Bilan 2016 et perspectives 2017 pour l’économie du Grand Est

    Les perspectives pour 2017 laissent augurer une activité plus soutenue dans les trois secteurs même si le recours à l’embauche reste modeste. Une hausse de l’activité est attendue dans l’industrie avec une augmentation des investissements (11,2%) mais sans répercussion sur l’emploi. Pour la Meurthe-et-Moselle, le recul global dans l’industrie est de 1% « mais tous les indicateurs sortent de l’orange » a indiqué Daniel Dupont.
    Dans le bâtiment et les travaux publics (583 entreprises, 36.700 salariés) 2016 a été marqué par une relative stabilité alors que les perspectives pour 2017 sont assez bonnes : + 2,6% dans le Grand Est. Ce rebond sera sans doute plus marqué en Meurthe-et-Moselle (+4 4%) mais c’est parce que l’activité avait plus fortement baissé (60,9%) en 2016.
    Enfin, dans le secteur des services marchands, les chiffres d’affaires ont progressé régulièrement en 2016. Cette croissance s’est accompagnée d’embauches (+1,3%). Pour 2017, l’embelli se confirme particulièrement dans le domaine de l’informatique avec une hausse des effectifs de 4,4%. On est sur le bon côté de la pente.

    « Une usine à gaz »

    Il a encore été question de chiffres avec la présentation de mesures phares inscrites dans la loi de Finances 2017 présentées par des experts : Me Anne Decorps-Scherbeck, représentant la chambre interdépartementale des notaires de la cour d’appel de Nancy, Me Jacques Guénot, représentant l’ordre des avocats à la cour d’appel de Nancy et Mme Stéphanie Gentit, représentant l’ordre des experts-comptables de Lorraine.
    Les experts ont, tour à tour, évoqué les modalité de l’abaissement progressif de l’impôt sur les sociétés, les modifications de certains régimes d’amortissement, les cessions de fonds de commerce, les aides à l’embauche…
    Lorsque les juristes ont abordé les grands principes du prélèvement de l’impôt à la source, ils ont précisé qu’il s’agissait « d’une usine à gaz ». Car cette réforme qui porte uniquement sur le recouvrement de l’impôt est tellement complexe et alambiquée que les spécialistes eux-mêmes ont du mal à l’expliquer.
    Me Guénot a ensuite évoqué le contrôle fiscal, mettant en garde les chefs d’entreprise à l’égard d’une administration toujours plus tatillonne qui a mis au point un arsenal répressif important.
    La complexification des textes n’est jamais une bonne chose pour les affaires.

    Marcel GAY

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