Edition du mardi 23 janvier 2018

SNCF. La CGT et SUD-rail s’enlisent dans la grève

La SNCF a décidé de poursuivre le mouvement de grève ce mercredi, amorçé une semaine plus tôt. La direction et les syndicats étaient pourtant parvenus à un compromis sur un accord d’entreprise. En moyenne, trois TGV sur quatre circuleront, un train sur deux sur les lignes Transilien et Intercités et six TER sur dix.

Manifestation CGT

Le coup d’arrêt semblait à portée de main. Pourtant, il est à nouveau repoussé. Mardi, l’intersyndicale (SUD-rail et CGT) de la SNCF vote la reconduction de la grève. Rien ne laissait présager une poursuite du mouvement après l’annonce d’un compromis sur le futur accord d’entreprise entre la direction et les quatre syndicats représentatifs. Ficelé dans la nuit de lundi à mardi, le texte vise à régir le travail des cheminots à partir du 1er juillet. Mais SUD-rail et la CGT refusent de céder du terrain et continuent d’avancer leurs pions. Le premier syndicat du groupe public réclame la reprise des négociations au niveau de la branche ferroviaire, rejetant en bloc le projet de convention collective arrêté par le patronat. A défaut, il suggère au gouvernement de revoir le projet de décret fixant les règles d’ordre public dans le rail.

Selon Le Monde, le projet d’accord sur l’organisation du travail à la SNCF “ne reprend pas les revendications des cheminots en grève”, argumente la CGT-cheminots (17 %). Le syndicat pointe les “quelques mesurettes”  et la dégradation du quotidien des cheminot(e)s. D’après un nombre significatif de résultats recensés par SUD-rail et FO-cheminots, toutes les assemblées générales des cheminots se rejoignent sur la poursuite de la protestation.

Un appel “incompréhensible”

Le mouvement de la SNCF continue de faire couler beaucoup d’encre dans les médias. Aujourd’hui, des voix publiques s’élèvent contre la reconduction de la grève qui n’a plus aucune raison d’être. Celles du premier ministre Manuel Valls qui, quelques heures après la négociation du projet commun appelle les syndicats à signer “un bon accord, pour l’entreprise et pour la branche” et mettre un terme à une contestation devenue “incompréhensible”. Les syndicats ont d’ailleurs jusqu’au 14 juin pour signer le document. Le président François Hollande a également abondé dans le même sens en rappelant qu’ “il y a un moment, où selon une formule célèbre, il faut savoir arrêter une grève”.

Benjamin Raigneau, le négociateur de la SNCF semble quant à lui satisfait de l’issue des négociations à rallonge. “Nous sommes allés au bout de notre mandat et avons amendé et amélioré le texte. Il y a désormais une vraie visibilité pour nos cheminots sur le futur cadre social, avec l’ensemble des trois textes qui régiront le secteur ferroviaire : le décret socle, qui sera vite publié, la convention collective nationale, mise à la signature jusqu’à mercredi, et, désormais, notre accord d’entreprise.”

Qu’ils appartiennent au monde de la politique ou à celui des transports, la majorité s’accorde à penser que la grève des cheminots a assez duré. En attendant, ce sont les usagers qui paient le prix de cet acharnement. La réputation de la SNCF risque – encore – d’en prendre un coup.

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