Edition du mardi 24 avril 2018

Quel tram pour Nancy ?

Le tram actuel est à bout de souffle. Il faut changer le matériel et repenser le parcours de la ligne 1. Mais les avis divergent sur presque tout et notamment sur la partie Vélodrome-Brabois.

Le tram de Nancy, une vieille guimbarde qui coûte cher aux nancéiens (Photo credit: Rob Dammers on Visualhunt / CC BY)

Le tram de Nancy, une vieille guimbarde qui coûte cher aux nancéiens (Photo credit: Rob Dammers on Visualhunt / CC BY)

Le tram de Nancy est, aujourd’hui, une vieille guimbarde bruyante et peu fiable qui coûte très cher aux contribuables. Les choix techniques et politiques effectués au tournant du millénaire se sont avérés catastrophiques pour les nancéiens.
Pour éviter les mêmes déboires, la Métropole de Nancy a lancé un grand débat public. Il s’agit pour son président, André Rossinot, et son adjoint Christophe Choserot, de prendre en compte non seulement les aspects techniques du futur tram (et ses 65.000 voyageurs/jour en 2022 au lieu de 45.000 actuellement) mais de repenser les déplacements dans et autour de la Métropole.
Le projet de renouvellement et d’extension de la ligne 1 du tramway de Nancy a fait l’objet d’un débat public dont les grandes lignes sont consignées dans un document de synthèse intitulé Bilan du garant signé par Régis Guyot.

Trois options

La question de fond est de savoir comment faire monter le tram jusqu’au plateau de Brabois -son CHU, son école de chirurgie, son hôpital virtuel, son technopole Henri-Poincaré, ses écoles d’ingénieurs, ses entreprises high-tech- où plus de 5.000 personnes supplémentaires vont aller travailler dans les années qui viennent.
Trois options :
-En bus à haut niveau de service (BHNS). Cela suppose une rupture de charge au niveau du vélodrome et une correspondance quai à quai. Coût estimé à 10 M€.
-En tram par l’avenue du général Leclerc : avec sa forte pente et ses virage serrés, le passage du tram pourrait avoir des impacts fonciers coûteux. Estimation : 100 M€.
-En tram par le jardin botanique (via un tunnel à construire). Coût estimé à 150 M€.

Les études de Vandoeuvre

Plusieurs options proposées pour le futur tram de Nancy

Plusieurs options proposées pour le futur tram de Nancy

A l’initiative de son maire, Stéphane Hablot, la ville de Vandoeuvre a commandé deux études à des cabinets indépendants. Les résultats ont été présentés le 13 mars 2018 en réunion publique.
Les principales conclusions de l’étude du cabinet CDVIA sont les suivantes :
 Le projet de transport réduira la capacité du carrefour de 25 % par rapport à une situation actuelle déjà très chargée dans sa partie Nord en raison du nombre de passages du Tram (30 à l’heure) et du BHNS (15 à l’heure)
 La gestion du carrefour sera très difficile car des stockages importants sont déjà observés sur les zones empruntées par le tram.  Au vu des trafics voyageurs attendus, les temps de correspondance pourraient être de trois minutes (temps entre la desserte du Tram et le départ du BHNS)
 Il conviendra également de s’assurer d’une bonne régularité du Tram pour permettre les correspondances, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec des écarts d’arrivée de TVR en station Vélodrome compris entre 3 minutes et 12 minutes.
Ces écarts importants peuvent s’expliquer par le fait que la station Vélodrome est située en fin de ligne.
 Il conviendra de plus de s’assurer que le cheminement piétonnier qui sera important (supérieur à 140 personnes par tram aux heures de pointe) s’effectue dans de bonnes conditions de sécurité, sans gêner la progression du Tram.

L’expertise TTK

Les principales conclusions de l’expertise du cabinet TTK peuvent être synthétisées comme suit :
1. Faisabilité avérée du point technique pour une montée Leclerc avec tramway sur fer ;
2. Parti pris d’aménagement : insertion site propre double sens, réduction à un sens de circulation descendant, adaptation du plan de circulation ;
3. Pour cette solution, coûts induits estimés à 82,15 M€, soit 24,2 M€ / km (stations et matériel roulant inclus).
Ces résultats peuvent être comparés avec les estimations Egis pour projet en site propre 2 voies :
► 82M€ au lieu de 106M€ soit -24M€ ;
► 1 habitation impactée au lieu de 12 ;
► 10 parcelles impactées (reculs d’environ 1m avec opportunité de remises à neuf des clôtures et portails) au lieu de 38 (reculs d’environ 3 à 4m).

La contribution de Flore 54

La fédération Flore 54 que préside Raynald Rigolot, demande « une vision globale du dossier et des déplacements quotidiens » au sein de la grande zone urbaine. Flore 54 soutient le choix du Tram ferré pour la ligne 1 jusqu’à Brabois car :
– Il n’est pas pensable de proposer un transport moderne en imposant une rupture de charge au Vélodrome qui peut être évitée,
– Il est faux de dire qu’un bus (même en BHNS) fera gagner du temps (puisqu’il faut intégrer le temps nécessaire au changement de moyen de transport),
– Il est indispensable de faciliter les déplacements de toutes les personnes à mobilité réduite,
– Il faut prendre en compte que bon nombre de personnes, tant à l’aller qu’au retour, ont déjà une ou deux ruptures de correspondances dans un autre lieu, qu’elles soient de l’agglo ou pas (ex : voyageurs venant de Neuves Maisons avec « rupture » à Brabois),
– Il faut intégrer le développement qui se concentre et va se poursuivre sur le pôle de Brabois sans négliger la partie voisine du « Clair Chêne » de Moselle et Madon (26 hectares d’aménagements envisagés),
– Dans le cas d’une rupture de charge au vélodrome, il est étonnant de n’avoir eu aucune projection de ce que pourrait donner la circulation dans une telle cette situation « TRAM+ bus + 35 000 véhicules jour),
– L’abandon de l’option tunnel secteur jardin botanique, beaucoup trop coûteux et présentant de nombreux risques (sol et sous-sol) pour une efficacité qui n’a pas été démontrée est pour FLORE 54 une évidence.

Un Tram ferré jusque Brabois est pour Flore 54 la priorité des priorités. Par ailleurs, FLORE 54 propose de mener des études sur l’offre des transports en commun de l’agglomération en intégrant l’hypothèse que la place du Vélodrome devienne un point central de liaisons des déplacements pour 3 entrées d’agglomération ( Roberval, Brabois et Laxou Sapinière). Car il faut prendre la « problématique » des transports dans sa globalité et donc il est urgent de régler les difficultés rencontrées sur l’A33 proche de la saturation et l’A330. Ces deux infrastructures autoroutières sont en lien direct avec les trois entrées d’agglomération citées ci-dessus dont FLORE 54 souhaite la « jonction » à Vandoeuvre avec le Tram.
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