Edition du vendredi 20 juillet 2018

Rencontre France Luxembourg

Une rencontre au sommet qui provoque quelques polémiques

 Par Roger Cayzelle, président de l’IGR

Carte de la Grande Région (capture IGR)

Carte de la Grande Région (capture IGR)

La rencontre entre les gouvernements français et luxembourgeois qui aura lieu la semaine prochaine à Paris -dans le cadre de la visite d’État qu’effectueront le Grand-Duc et la Grande Duchesse du 19 au 21 mars- provoque en coulisses quelques polémiques internes côté français.
La première relève de la forme : la délégation française sera pour l’essentiel composée du Premier ministre et de plusieurs membres de son gouvernement. Compte tenu de l’importance du fait frontalier il est légitime que des représentants de collectivités territoriales locales puissent être autour de la table.
Sans doute lassés de se retrouver une nouvelle fois devant une pléiade d’acteurs locaux, les autorités luxembourgeoises ont souhaité – et obtenu–que les collectivités territoriales soient représentées exclusivement par le président du Conseil régional du Grand Est, l’alsacien Jean Rottner, provoquant les réactions acerbes que l’on peut imaginer.

La question qui fâche

Sur le fond, les élus locaux réunis il y a quelques jours par Jean Rottner pour préparer la rencontre auront-ils trouvés suffisamment de dénominateurs communs pour afficher une stratégie régionale cohérente ?
Si tout le monde est maintenant d’accord pour que se poursuive l’investissement ferroviaire, les choses apparaissent un peu plus complexes sur la question autoroutière. Certes personne ne conteste plus vraiment en Lorraine la nécessité de la mise à 2 × 3 voies de l’A31, cet axe essentiel, mais le financement de celui-ci et le recours éventuel au péage restent encore à préciser. Le gouvernement français précisera-t-il dans le détail ses intentions dans ce domaine à l’occasion de cette réunion de travail ? C’est peu probable.
Reste enfin la question qui fâche et qui secoue les cercles politiques lorrains depuis quelques temps : celle qui consiste à demander au Grand-Duché de reverser de manière systématique les impôts versés au Luxembourg par les frontaliers français dans le cadre d’une retenue à la source. Le gouvernement luxembourgeois accédera-t-il à cette demande la semaine prochaine ?
Rien n’est moins sûr.

Des projets communs

Roger Cayzelle, président de l'Institut de la Grande Région

Roger Cayzelle, président de l’Institut de la Grande Région (caputure Youtube)

Dès lors sur quoi pourrait-on vraiment déboucher dans le domaine du transfrontalier ?
Il y aura certes de fortes déclarations sur la place centrale du Grand-Duché dans la construction européenne et sur l’importance d’une relation apaisée et constructive entre les deux pays.
Sur la question transfrontalière on listera les coopérations notamment dans le domaine culturel et dans celui de la formation. On ne manquera pas de souligner la nécessité de poursuivre ces coopérations à travers des projets transfrontaliers communs que le Grand-Duché pourrait cofinancer en partie.
Secret de polichinelle : le Luxembourg annoncera sa volonté d’investir fortement dans le ferroviaire en participant à la création d’une troisième voie ferrée entre Thionville et Luxembourg.
Tout cela sera-t-il à la hauteur de l’enjeu ? Seul l’avenir de dira. Mais on n’oubliera pas non plus que la coopération transfrontalière n’est pas un long fleuve tranquille et qu’un peu de patience est aussi nécessaire.

Roger Cayzelle
président de l’Institut de la Grande Région

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