Edition du dimanche 27 mai 2018

INRS en danger : la prévention sacrifiée

Depuis 6 mois, la CFDT et les salariés de l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) se mobilisent pour défendre l’emploi, le budget et les missions de l’Institut. Cette semaine, ils interpellent les députés à l’Assemblée nationale.

NRS : des cartes postales envoyées aux députés (DR)

INRS : des cartes postales envoyées aux députés (DR)

La CFDT INRS et les salariés de l’entreprise lancent une campagne d’information auprès des députés à l’Assemblée nationale pour les convaincre de sauvegarder les emplois, les budgets et les missions de l’INRS. L’INRS est une richesse, préservons-la.
Chaque député recevra chaque jour cette semaine, une carte postale lui présentant :
 Les différents acteurs de la prévention qui s’appuient quotidiennement sur l’INRS pour mener à bien leurs missions : un médecin du travail, une cheffe d’entreprise, un représentant du personnel et un salarié ;
 Des salariés de l’INRS représentant les modes d’action de l’institut : Recherche, Assistance, Information, Formation ;
 Un salarié victime d’un accident du travail.

Nouvelles économies

Après 4 ans, 30 suppressions de postes et 10% de budget en moins, le gouvernement, au travers de la nouvelle convention d’objectifs et de gestion de la branche Accidents du travail et maladies professionnelles (COG AT/MP 2018-2022) qu’il signera avec la CNAM (caisse nationale d’assurances maladies), entend de nouveau faire des économies pour le bien des finances publiques et le malheur de l’INRS.
Les annonces de Nicolas Revel, directeur général de la CNAM, et de ses services (Direction des risques professionnels) indiquent une baisse de 20% du budget et de 10% des effectifs.
Cela se traduit à l’INRS par 60 suppressions de postes et une paralysie des activités.
Concrètement, en 2022 l’INRS ne pourra plus fonctionner. L’Institut sera incapable d’accomplir les missions et objectifs qui lui seront néanmoins signifiés par cette même COG AT/MP. Un paradoxe !

Mobilisation

Les salariés de l’INRS, soutenus par la CFDT, ont donc décidé une nouvelle fois de faire entendre leur voix avant qu’il ne soit trop tard. Ils ont à cœur de défendre leurs emplois, mais également leurs missions et l’utilité sociale de leur entreprise.
L’INRS avec ses quatre modes d’actions – Recherche, Information, Formation et Assistance aux entreprises, aux salariés et aux pouvoirs publics – est la seule entreprise française strictement tournée vers l’amélioration des conditions de travail et la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
L’Institut y consacre tous ses moyens depuis 70 ans. Cette entreprise est la seule à disposer d’un centre de recherche français exclusivement consacré à la prévention, et il reste encore du travail à faire : on recense 40 millions de journées perdues du fait d’accidents ou de maladies liés au travail en 2015, et 1150 décès liés au travail en 2016.
Au moment où les ministres de la Santé et du Travail prônent un effort pour une diminution des AT/MP, il est paradoxal que ces mêmes ministres réduisent les budgets qui y sont consacrés et les personnels dont c’est la mission.

L’action

 La CFDT a interpellé par écrit les parlementaires locaux, députés et sénateurs, le président de la République, la ministre du Travail, la ministre des solidarités et de la Santé, le directeur de la CNAM, la direction des RP de la CNAMTS.
 Les salariés ont fermé symboliquement le centre de recherche de l’INRS en Lorraine le 28 novembre dernier pour signifier leur désaccord avec cette politique délétère. Ils ont manifesté le vendredi 1er décembre à Nancy, place Stanislas, lors de la visite du ministre de l’Intérieur auprès duquel ils ont fait passé un courrier relatant leur inquiétudes.
 Soutenus par leurs collègues, 8 salariés sont partis de Nancy le 4 décembre en courant pour Paris, et après 5 jours de course et 357 kilomètres parcourus, ils sont arrivés sur le Terreplein des Invalides pour y retrouver leurs collègues du centre de Lorraine et du centre de Paris.
A cette occasion, une délégation composée de Christian DARNE et Antoine Bondeelle, délégués syndicaux CFDT de l’INRS de Paris, Edwina Lamoureux, secrétaire confédérale CFDT et administratrice CFDT de l’INRS ainsi, qu’Hervé Garnier, secrétaire national CFDT et Gaëlle Masson, attachée parlementaire du député Dominique Potier a été reçue au ministère du travail par Patrice Ivon, Conseiller en charge des mutations économiques et de la santé au travail, et Mme Evelyne Trotin, de la Direction Générale à l’emploi et à la formation professionnelle.
 Le 7 février 2018, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, par sa présence au centre de recherche de l’INRS Lorraine, a apporté son soutien à la section CFDT INRS et à son combat pour la défense des emplois et du budget de l’INRS.

Il n’est pas question d’abandonner les entreprises et les salariés français au moment même où le périmètre d’intervention de l’INRS s’élargit avec l’arrivée des 3 millions de cotisants du RSI (régime social des indépendants) pour lesquels il faudra apporter des solutions de prévention et faire diminuer les accidents et les maladies professionnelles.
Faire de la prévention, c’est investir pour économiser demain : le coût des AT/MP est une charge de 6 à 8 milliards d’euros par an pour les finances publiques. Alors, puisque la branche AT/MP excédentaire depuis quelques années en a les moyens, investissons dans la Prévention ! Donnons à l’INRS les moyens financiers et en personnel d’œuvrer pour le bien des entreprises et de tous les actifs français.

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