Le guide des secteurs qui recrutent  

Le CIDJ présente un panorama de 400 métiers, 200 entreprises, et 200 sites d’offres d’emploi. Et fait le point sur la place des femmes dans le monde du travail. Les métiers qui recrutent

Les métiers qui recrutent

Le guide 2018 du CIDJ « Ces secteurs qui recrutent », publié pour la 6e édition, est un guide pratique d’aide à l’insertion professionnelle pour les professionnels et le grand public. Il donne les clés pour mettre en œuvre une stratégie adaptée à la réalité du marché de l’emploi.

Le CIDJ (Centre Information Documentation Jeunesse) publie une synthèse inédite des données les plus fiables en s’appuyant sur les travaux de référence les plus récents. 22 fiches synthétisent pour chaque secteur ses caractéristiques, la place des jeunes, des femmes et des cadres, les perspectives de recrutement nationales et régionales, les niveaux de qualification requis, les métiers recherchés et des entreprises qui recrutent. Le guide présente un panorama de 60 secteurs, 400 métiers, 200 entreprises, et 200 sites d’offres d’emploi.

 Les données sont issues de travaux prospectifs sur les métiers, des enquêtes de l’Apec et de Pôle emploi, mais aussi des études de 40 observatoires de branche, de 160 ministères et organisations professionnelles (fédérations, conseils, syndicats…), des palmarès de la presse… Ce guide, coordonné par Michel Tardit, chargé de veille au CIDJ, a permis d’identifier plus de 60 secteurs porteurs et 250 entreprises qui recrutent.

Seuls 17% des métiers sont mixtes

A l’occasion de la parution de la sortie du guide « Ces secteurs qui recrutent », le CIDJ dresse également un panorama de la place des femmes dans les secteurs qui recrutent, des secteurs féminisés, des évolutions en cours, et des bastions masculins qui recherchent des jeunes talents. Ainsi, la majorité des femmes exercent dans 12 familles professionnelles, et les hommes dans 20 familles. Seuls 17 % des métiers sont mixtes : un métier est dit mixte lorsque les femmes et les hommes représentent une part comprise entre 40 % et 60 % de ses effectifs. Bien que plus diplômées que les hommes, les femmes occupent majoritairement des emplois plus précaires, moins qualifiés, moins rémunérés et 82 % des temps partiels.

Parmi les secteurs très féminisés, peu qualifiés et qui recrutent massivement, figurent notamment les services à la personne, dont les salariés sont des femmes à près de 100 %, plutôt âgées et peu diplômées. Elles exercent majoritairement les activités d’aide à domicile et de garde d’enfants, alors que les hommes exercent des activités plus ponctuelles de bricolage et de jardinage. Dans la santé, 90 % des aides-soignants ou des agents de services hospitaliers sont des femmes.

Dans ce secteur, les aides à domicile sont la première famille professionnelle créatrice d’emplois en France selon le rapport « Les métiers en 2022 », avec 159  000 créations nettes d’emplois sur la période 2012- 2022. Et les aides-soignants la seconde famille créatrice d’emplois avec 103 000 emplois supplémentaires pour 2012-22. Pôle emploi recense plus de 50 000 projets de recrutement par an pour les aides à domicile et les aides-soignants et 19 000 pour les agents de services hospitaliers.

Si les femmes constituent 66 % des salariés de la propreté (54 % en Ile-de-France), elles sont minoritaires sur les postes cadres (33 %). Les postes de chefs d’équipe sont répartis à parts égales. Près d’une femme sur deux (41 %) est concernée par le phénomène de « multi-emplois » contre 27 % des hommes. Le secteur de la propreté a créé près de 90 000 emplois en 10 ans selon la fédération Fep et propose 16 .000 CDI chaque année (d’une durée supérieure à un mi-temps). Pôle emploi recense plus de 80 000 projets de recrutement d’agents d’entretien de locaux par an. Les agents d’entretien constituent la famille professionnelle la plus recruteuse de France, dans ce secteur, avec 387 000 postes à pourvoir sur la période 2012-2022.

Surreprésentées dans les métiers peu qualifiés

Le secteur de l’Hôtellerie-Restauration affiche une quasi-mixité (48 % de femmes) mais la place des femmes est particulièrement importante dans les cafétérias (71 %) et chez les traiteurs (55 %). Elles sont surreprésentées dans les métiers peu qualifiés (90 % des employés d’étage/employés polyvalents et 59 % des aides de cuisine) et majoritaires dans les métiers de la réception en hôtellerie. Elles ne représentent qu’un tiers des cadres. Il y a dans ce secteur 200 000 projets de recrutement par an dont 60 % saisonniers, selon Pôle emploi. La restauration collective réalise 20 000 recrutements par an mais manque de cuisiniers : 16 000 postes ne sont pas pourvus actuellement. La restauration rapide effectue 80 000 recrutements par an (dont 80 % de CDI), pour les 3/4 à temps partiel.

Globalement, le secteur Commerce-vente comprend 53 % d’hommes et 47 % de femmes ; 40 % d’entre elles travaillent à temps partiel. Elles exercent majoritairement dans le commerce de détail (61 %) et la grande distribution (60 %) : elles occupent plus des 3/4 des postes de caissiers (79 %), employés de libre-service (79 %) et vendeurs (74 %). Elles sont 33 % dans le commerce de gros et 19 % dans le commerce et la réparation auto/moto. Le métier de commercial reste majoritairement masculin. Les femmes occupent seulement 3 emplois cadres sur 10. D’autre part, 42 % des projets de recrutement du commerce de détail sont des emplois saisonniers et même plus de 50 % pour les employés de libre-service, caissiers et vendeurs (habillement, sport, loisirs, luxe…).

L’industrie majoritairement masculine

Dans tous les secteurs industriels, les effectifs sont majoritairement masculins. Dans l’agroalimentaire et la plasturgie, les femmes représentent environ 1/3 des effectifs, respectivement 37 % et 29 %. Elles occupent principalement des postes d’employées et d’ouvrières (qualifiées et non qualifiées).

Le secteur agroalimentaire est le premier recruteur industriel de France en volume de recrutements, compte tenu du poids significatif de l’emploi saisonnier et de l’intérim. Pôle emploi recense plus de 57 000 projets de recrutement dont près de la moitié pour des postes ouvriers. Plus de 50 % des projets de recrutement sont des emplois saisonniers. Ce pourcentage est encore plus élevé pour les ouvriers non qualifiés : 66 %. La part des femmes dans les emplois d’ingénieurs et cadres de l’industrie augmentera à l’horizon 2022 : 31 % en 2022 contre 22 % en 2012, selon le rapport « Les métiers en 2022 ».

Par contre, les secteurs qualifiés où les femmes sont plus présentes que les hommes sont l’enseignement, la santé, et l’assurance. Cependant, il est à noter que la part des femmes dans les effectifs enseignants diminue quand le niveau d’enseignement augmente : elles représentent 84 % des professeurs des écoles (91 % dans le privé), 59 % des professeurs du secondaire (67 % dans le privé) et 53 % des professeurs agrégés (51 % dans le privé). Concernant les professeurs du supérieur, elles ne sont que 39 %. Les enseignants sont la troisième famille professionnelle la plus recruteuse selon le rapport « Les métiers en 2022 », avec 300 000 postes à pourvoir entre 2012 et 2022 dont 256 000 départs en fin de carrière. Pour 2018, 25 500 postes sont ouverts aux concours d’enseignants publics et privés.

La santé majoritairement féminine

Trois quarts des emplois du secteur santé sont féminins et 87 % des infirmiers sont des infirmières ! Les femmes représentent 51 % des médecins : l’emploi reste à dominante masculine pour les 50 ans et plus mais il est majoritairement féminin pour les jeunes générations (63 %) ; les femmes médecins devraient devenir majoritaires dès 2021.
Les métiers de la gestion et de l’administration des entreprises sont également très féminisés : 98 % des secrétaires, 95% des Assistants/secrétaires de direction, 70% des techniciens des services administratifs, comptables et financiers. La part des femmes dans l’emploi cadre devrait atteindre 57 % à l’horizon 2022.
Les femmes représentent 60 % des effectifs de l’assurance, et sont 57 % dans les banques commerciales ; dans ce secteur, elles occupent 47 % des emplois cadres mais leur part demeure prépondérante dans la catégorie techniciens (73 %) et sont majoritaires parmi les alternants (57 %).Il existe aussi des secteurs masculins qui recherchent des talents… féminins. Les femmes sont ainsi très minoritaires dans le secteur Informatique-Numérique (moins de 30 % des effectifs selon Pôle Emploi), mais un Plan mixité a été signé le 31 janvier 2017 dans les métiers du numérique, où les diplômés et les jeunes cadres (1 à 5 ans d’expérience) représentent +60 % des recrutements. Le métier de commercial reste majoritairement masculin, néanmoins, le secteur du commerce recrute plus de femmes (58%) que d’hommes (42%) diplômés des grandes écoles de management, selon la CGE.
Ainsi, la part des femmes cadres et technico-commerciaux passerait de 30 % en 2012 à 38 % en 2022 (2). D’autre part, dans le secteur BTP-construction, les femmes occupent 12 % des effectifs du secteur (+4 % entre 2007 et 2015), mais 32 % des postes cadres : ingénieurs, chefs de chantiers, architectes.

« Ces secteurs qui recrutent. Guide 2018 », à commander sur www.cidj.com (39€).



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