Edition du mercredi 25 avril 2018

Démographie : Le Grand Est manque d’attractivité

Avec 5,5 millions d’habitants la population de la Région augmente peu (+0,1%) en cinq ans selon l’INSEE. Mais il existe de fortes disparités entre les 10 départements.

Au 1er janvier 2015, le Grand Est compte 5 559 100 habitants. C’est 26 500 de plus qu’en 2010, soit une augmentation de 0,1 % par an, bien inférieure à la moyenne nationale (+ 0,5 % par an).
Le Grand Est est, avec la Bourgogne-Franche-Comté, la région métropolitaine qui gagne le moins d’habitants, tandis que la Corse, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire sont les régions où la population progresse le plus rapidement.
Dans la région, l’accroissement du nombre d’habitants est uniquement dû au solde naturel, différence entre naissances et décès, qui induit une hausse de population de 0,3 % par an entre 2010 et 2015, tandis que le solde migratoire (solde apparent des entrées et sorties) est négatif et conduit à une baisse de 0,2 % par an. Ainsi, le Grand Est fait partie des régions les moins attractives de métropole, après l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

Population vieillissante

De 2010 à 2015, la population ne s’accroît que dans la moitié des départements de la région et le plus fortement dans le Bas-Rhin et l’Aube (+ 0,4 % par an), suivis du Haut-Rhin, de la Marne et de la Meurthe-et-Moselle. L’excédent naturel est le seul moteur de cette hausse, hormis dans l’Aube, où le solde migratoire est également positif.
À l’inverse, la Haute-Marne, les Ardennes, les Vosges et la Meuse font partie des neuf départements de France qui perdent le plus d’habitants, entre – 0,5 % et – 0,3 % par an. Cette diminution s’explique par leur manque d’attractivité mais aussi par le déficit démographique en Haute-Marne et dans les Vosges, en lien avec la population vieillissante.

Deux vitesses

En comparaison avec la période 1990-2010, les départements qui gagnent des habitants évoluent à deux vitesses. La croissance de la population ralentit dans les départements alsaciens et s’accélère dans l’Aube et la Marne.
Ce changement est dû en grande partie à l’évolution du solde migratoire de ces départements, en baisse pour les premiers, en hausse pour les derniers. Dans la Marne en effet, tout en demeurant négatif, le solde migratoire est passé de – 0,4 % à – 0,1 % par an. L’Aube et la Marne bénéficient de la proximité de l’Île-de-France, et attirent davantage de nouveaux arrivants provenant de cette région.
Dans les Ardennes, la Meuse et les Vosges, la diminution du nombre d’habitants s’accélère : d’une part, les naissances dépassent de moins en moins les décès (elles n’y suffisent plus dans les Vosges), et d’autre part, le solde apparent des entrées et sorties s’érode, sauf dans les Ardennes où il était déjà largement négatif. En Haute-Marne, le recul de la population se poursuit au même rythme qu’entre 1990 et 2010 : le ralentissement timide du déficit migratoire ne permet pas de compenser un solde naturel devenu lui aussi déficitaire. En Moselle, le nombre d’habitants reste stable entre 2010 et 2015, alors que sa population progressait lors des deux décennies précédentes, à un rythme de 0,2 % par an : les naissances excèdent un peu moins les décès mais la différence compense encore le solde négatif des entrées et sorties.

Strasbourg devancée par Montpellier dans le palmarès national des grandes communes

Comme en 2014, cinq communes du Grand Est figurent au palmarès des 50 communes les plus peuplées de France en 2015. Strasbourg occupe désormais la 8e place, dépassée de peu par Montpellier, à la croissance démographique plus rapide. Reims (12e) maintient sa position tandis que Nancy (42e) perd une place, conséquence de l’entrée d’Annecy (29e) dans le top 50 à la suite de son regroupement avec cinq communes voisines.
Par ailleurs, plusieurs villes d’Île-de-France montent dans le classement. Ainsi, Boulogne-Billancourt prend la place de Metz (32e), tandis que Saint-Denis et Argenteuil doublent Mulhouse (37e).

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