Edition du dimanche 19 novembre 2017

Frais bancaires : quand les banques s’engraissent sur le dos des pauvres

Une étude de 60 Millions de Consommateurs dénonce le sort cruel réservé par les banques à leurs clients en difficulté grâce auxquels elles réalisent 4,9 milliards de bénéfices par an !

Les petites sommes qui rapportent gros aux banques (DR)

Les petites sommes qui rapportent gros aux banques (DR)

« L’avalanche de frais prélevés en cas d’incident bancaire ne fait qu’aggraver la situation des personnes fragilisées. Il est temps d’y mettre fin ! » dénoncent l’association de consommateurs et l’Union nationale des associations familiales (Unaf).
Qu’il faille payer des agios lorsqu’un compte n’est pas suffisamment provisionné, cela paraît logique (encore que les agios soient particulièrement lourds). Mais lorsqu’un client connaît une difficulté, c’est une machine infernale qui se met en route sans aucune justification. La banque facture alors des frais de ‘’commission d’intervention’’, puis de frais de rejet, puis de lettre d’information pour compte débiteur….
Bref, « une ahurissante mécanique de tarification » du réseau bancaire (sauf les banques en ligne) dénoncée par l’association de consommateurs et l’Unaf. Qui n’a d’autre effet que d’enfoncer un peu plus dans leurs difficultés financières des personnes déjà fragiles.

Machine à facturer

60 Millions et l’Unaf pointent les dérapages bancaires :

1°) Le montant des frais prélevés est exorbitant. En effet, un client standard verse chaque année en moyenne 34 € de frais liés à un solde débiteur. Mais pour un client en difficulté, c’est dix fois plus : 296 € en moyenne, mais ces frais peuvent aller bien au-delà.

2°) La punition est automatisée. « Lorsqu’un paiement se présente sur un compte dont le découvert va être dépassé, la banque l’honore en général, car elle y gagne gros : elle prélève des agios proches de l’usure, et surtout une commission d’intervention de 8 € censée rémunérer l’analyse de la situation par le conseiller. » Or, il n’y a généralement pas d’intervention d’une quelconque commission, c’est l’ordinateur qui gère le tout.
3°) Presque toutes les banques font payer le maximum légal. A l’exception de la Banque postale et des banques en ligne. Les frais de rejet de chèque (entre 30 et 50 € selon le montant du découvert) et de prélèvement (20 €) sont également au maximum légal. Autrement dit il n’y a pas de concurrence entre les banques sur ces aspects-là.

4°) La marge des banques est indécente. Selon l’étude de 60 Millions de Consommateurs, les frais liés aux incidents de fonctionnement sont très rémunérateurs. Ils représentent de 30 à 35% du chiffre d’affaires des banques de détail soit 6,5 milliards de C.A. par an soit une résultat nef (un bénéfice) de 4,9 milliards d’euros !

5°) Ces frais provoquent de fortes tensions dans les agences. Les agents constatent que ces frais provoquent des violences verbales et parfois physiques. « Il est donc urgent de protéger cette incroyable voracité non seulement les clients en difficultés mais aussi les conseillers en agence ».

Emilien Lacombe

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