Edition du samedi 21 octobre 2017

L’Algérie sur grand écran

28ème Festival du Film Arabe de Fameck Val de Fensch

110 projections en une dizaine de jours, 15.000 festivaliers, tables rondes, expos… C’est dans la cité lorraine de Fameck, « ville de la diversité » aux 45 nationalités, que s’est ouvert le 28ème Festival du Film Arabe. Organisé par la Cité Sociale et la Ligue de l’enseignement – FOL Moselle, ce festival présentera (jusqu’au 16 octobre) 42 films en compétition venus d’Algérie (pays invité cette année), mais aussi du Liban, de Palestine, du Maroc, d’Egypte… jugés par un jury présidé par l’acteur Slimane Dazi.

L’ invité d’honneur de cette édition est le comédien Fellag, qui fera « son cinéma » lors d’une rencontre publique, suivi de la projection du film de Philippe Falardeau, « Monsieur Lazhar », dans lequel il tenait le rôle principal (lundi 9 octobre, à Fameck), et qui présentera le lendemain son nouveau spectacle, « Bled Runner » (mardi 10 octobre à La Passerelle, à Florange).

Autre invité de choix, Mohamed Lakhdar Hamina, seul cinéaste arabe à avoir reçu une Palme d’or au Festival de Cannes, pour « Chroniques des années de braise » (1975), qui donnera une masterclass (vendredi 13 octobre, à 15H), avant la projection de son dernier film « Le crépuscule des ombres », qui se déroule pendant la Guerre d’Algérie.

« Un coup de projecteur »

« Chaque année, il y a un pays invité, et cette année c’est l’Algérie », dit Mahjouba Galfout (Fédération des œuvres laïques de Moselle), chargée de la programmation, « On prend chaque année la température de ce qui se fait, s’il y a une émergence de thèmes, de tels réalisateurs, ou de telle production, c’est à partir de là qu’on réfléchit sur la mise en valeur d’un pays. On met un coup de projecteur sur la production et on développe davantage nos partenariats avec ce pays, pour mettre en avant le cinéma, la culture de ce pays, il y a tout un travail autour de la programmation cinématographique, ça a toujours été une ligne directrice ».

« Sur plus de 40 films, on a une quinzaine de films consacrés à l’Algérie », précise Mahjouba Galfout, « En Algérie, il y a des réalisateurs qui ont envie de faire renaître le septième art, qui se mobilisent, et qui d’une certaine manière décrivent leur pays à travers le cinéma, qui est un outil de réflexion, de connaissance, d’ouverture sur le monde. On essaie d’avoir une programmation tonique, dynamique, et surtout diversifiée, qui puisse toucher le plus grand nombre ».

Depuis bientôt trois décennies, le Festival de Fameck témoigne d’un certain renouveau du cinéma arabe. « La différence par rapport à dix-quinze ans, c’est qu’on a une quantité importante de films, et une montée en puissance au niveau de la qualité esthétique et technique des films, ce qui nous permet d’avoir une programmation de qualité », constate Mahjouba Galfout, « Le monde arabe actuel fait que l’actualité touche les réalisateurs au plus près dans leur pays, malheureusement les thématiques n’ont pas énormément changé, on est sur du cinéma d’auteur, du cinéma de réflexion, qui est en lien avec le contexte politique, social, des pays du monde arabe, ce sont des pays qui sont en pleine mutation et le cinéma reflète ça ».

Des avant-premières

Parmi les films projetés, plusieurs sont sortis récemment en salles, prouvant la vitalité du cinéma arabe, dont « Le Caire confidentiel » (Tarik Saleh), « Paris la blanche » (Lidia Terki), « Une famille syrienne » (Philippe Van Leeuw), « Je danserai si je veux » (Maysaloum Hamoud), « A mon âge, je me cache encore pour fumer » (Rayana) ; d’autres seront présentés en avant-première, après avoir été sélectionnés au dernier Festival de Cannes, « En attendant les hirondelles » (Karim Moussaoui), « La belle et la meute » (Khaouter Ben Hania), ou au Festival de Sundance où « Tempête de sable » (Elite Zexer) a reçu le Grand Prix du jury 2016.

« On essaie de faire évoluer le festival, parce qu’il y a une attente du public et des festivaliers », ajoute Mahjouba Galfout, « Il y a encore dix ans il n’y avait pas de tables rondes ou de rencontres professionnelles, mais on a un budget qui nous remet toujours dans la vraie vie, on essaie de trouver un juste milieu, avec toujours l’objectif de le développer, et on y arrive ».

Patrick TARDIT

Festival du Film Arabe de Fameck Val de Fensch, jusqu’au 16 octobre. Informations et programmation : www.cinemarabe.org