Edition du dimanche 17 décembre 2017

Que s’épanouissent « Les grands esprits »

Denis Podalydès joue un prof envoyé en banlieue dans le film de Olivier Ayache-Vidal

Denis Podalydès en prof agrégé envoyé en banlieue.

Avec les rentrées scolaires mais avant les feuilles mortes, c’est la saison du « film de collège », ces longs-métrages qui ont l’éducation et l’école pour cadre et sujet. Après la récente fiction sentimentale « Les Héritiers » (de Marie-Castille Mention-Schaar), le documentaire Palme d’Or « Entre les murs » (Laurent Cantet), ou la lointaine comédie « Le plus beau métier du monde » (Gérard Lauzier), voici la « fiction documentée », « Les grands esprits ». Un film de Olivier Ayache-Vidal (sortie le 13 septembre), qui s’est « plongé dans le réel », infiltré en observation pendant des mois, dans un collège de Stains, où il d’ailleurs tourné l’été 2016.

Denis Podalydès y joue un agrégé de lettres, du genre psycho-rigide, prof impitoyable avec les bûcheurs de classe prépa du prestigieux Lycée Henri IV, à Paris. Ce bourgeois érudit va connaître un choc des cultures lorsqu’il est envoyé un an dans un collège de banlieue, tel en mission d’évangélisation, pour « faire la classe » à des élèves « en difficulté », des jeunes qui ont grandi en « milieu défavorisé ».

Le prof venu d’ailleurs va devoir adapter sa méthode, pour apporter savoir, connaissance, culture, à tous ces ados turbulents mais attachants, tel Seydou (joué par le jeune Abdoulaye Diallo), tout proche de la déscolarisation mais quand même prometteur s’il comprend que l’école, c’est « pour son bien ». Pour que s’épanouissent « Les grands esprits » et donner aux élèves l’envie d’apprendre, le prof a recours à ce bon vieux Victor Hugo et ses « Misérables », cette compil de faits-divers.

Jeunes profs dépassés ou démobilisés, conseils de discipline à répétition, exclusions qui ne servent à rien, fatalisme, lamentations… Olivier Ayache-Vidal évoque sans complaisance cette fracture scolaire qui rime avec zone d’éducation prioritaire ; mais comme cela reste une fiction, même documentée, il injecte aussi dans son histoire ce qu’il faut d’optimisme, pour laisser « entrevoir du possible ».

Denis Podalydès en prof agrégé envoyé en banlieue.

Patrick TARDIT

« Les grands esprits », un film de Olivier Ayache-Vidal, avec Denis Podalydès (sortie le 13 septembre).