Edition du lundi 23 avril 2018

Metz : Une rentrée fantastique et poétique

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Xavier Philips (Crédit photo: Caroline Doutre- ONP)

L’Orchestre National de Lorraine fera sa rentrée, vendredi 16 septembre 2016 à 20h00 à l’Arsenal de Metz. Direction Jacques Mercier/ Violoncelle Xavier Phillips. Au programme : Henri Dutilleux, Concerto pour violoncelle « Tout un monde lointain ». Et Hector Berlioz, Symphonie fantastique.

Alors que la Fantastique de Berlioz a bouleversé l’histoire de la musique, le Concerto pour violoncelle « Tout un monde lointain » de Dutilleux a remporté tous les suffrages tant auprès du public que des interprètes. Fasciné par son alchimie sonore et son intensité poétique, Xavier Phillips l’a inscrit à son répertoire.
Henri Dutilleux aurait eu 100 ans en janvier 2016. Dans le cadre de ce centenaire, Jacques Mercier a programmé pour le concert d’ouverture de la saison 16-17, le très poétique Concerto pour violoncelle « Tout un monde lointain… » composé à la demande de Mstislav Rostropovitch – celui-là même qui inaugura l’Arsenal de Metz en 1989.
La particularité de cette œuvre, outre le fait qu’elle a été conçue pour un soliste d’exception, réside dans le choix de son titre et l’aura poétique qui s’en dégage. Le titre, Tout un monde lointain… est emprunté au poème « La Chevelure » des Fleurs du mal de Charles Baudelaire : « Tout un monde lointain, absent, presque défunt ». Tout un monde lointain… doit aussi une part de son inspiration à la lecture par le compositeur d’« Un hémisphère dans une chevelure », l’un des Petits poèmes en prose (Le Spleen 12 de Paris), dont le thème, sans être cité en exergue, est néanmoins latent et habite l’essentiel de la partition. Pour reprendre les mots de Dutilleux, l’œuvre s’organise « en cinq mouvements, nombre impair, eux-mêmes rattachés [les uns] aux autres (…) ». S’appuyant chacun sur un vers différent, les mouvements successifs se confrontent à une énigme, à la profondeur d’un regard ou à celle de la mer.

« Les plus grands succès… »

Xavier Phillips incarne le violoncelle que Dutilleux a tant aimé : celui que Mstislav Rostropovitch jouait lors de la création de son concerto en 1970 à Aix-en Provence. Né à Paris en 1971, le musicien débute le violoncelle à six ans. Il se perfectionne ensuite auprès de Rostropovitch et porte son violoncelle, un Matteo Gofriller de 1710, prêté par la marque Blue de Brazil, sur les principales scènes internationales où il récolte les plus grands succès. Il enregistre de nombreux disques, notamment l’intégrale des œuvres en duos et trios de Beethoven avec François-Frédéric Guy et Tedi Papavrami et le Concerto « Tout un monde lointain » de Dutilleux avec le Seattle Symphony Orchestra dirigé par Ludovic Morlot (CD nominé trois fois aux Grammy Awards 2015).
Génie et révolutionnaire, Hector Berlioz (1803-1869) déroute les parisiens. Il propage l’idéal romantique de la musique à programme, révolutionne l’écriture symphonique avec sa Fantastique et invente l’orchestre moderne. Faisant souvent appel à des effectifs considérables dans sa musique symphonique et religieuse il organise d’importants concerts publics qui provoquent sa ruine. D’où ses tournées en Allemagne, Europe centrale, Russie… où sa musique est bien accueillie. D’une grande originalité et d’une invention constante, ce maître de l’orchestre a suscité beaucoup de controverses.
Le projet de la Symphonie fantastique naît d’un coup de foudre d’Hector Berlioz, alors âgé de 26 ans, pour une jeune actrice, Harriet Smithson. La partition est tout à la fois une déclaration d’amour et un témoignage dans lequel le compositeur se met en scène. Elle est composée par un homme amoureux au début de 1830 – en deux mois (un record) – et créée par François Habanecke le 5 décembre 1830 à la Société des concerts du Conservatoire, à Paris. Découpée comme un scénario de film usant du flash-back, la symphonie comporte cinq mouvements : « Rêveries et passions », « Un bal », « Scène aux champs », « Marche au supplice » et « Songe d’une nuit de sabbat ». La Fantastique fait partie de ces œuvres géniales dont l’écoute est un éternel bonheur.

19h00-19h30 LES GRANDES OREILLES.  ARSENAL – entrée libre. Rencontre avec un artiste, salon Claude Lefebvre.
Billetterie & Renseignements +33 (0)3 87 74 16 16
ARSENAL 3 avenue Ney – METZ – du mardi au vendredi de 13h00 à 19h00 / samedi de 14h00 à 19h00
Tarifs de 4€ à 30€. Cité musicale ici.

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