Edition du jeudi 21 juin 2018

« Une femme heureuse », enfin presque

Dans le film de Dominic Savage, Gemma Arterton incarne une mère de famille prisonnière de sa vie.

Gemma Arterton incarne une mère de famille qui étouffe dans sa vie monotone.

Gemma Arterton incarne une mère de famille qui étouffe dans sa vie monotone.

Il ne faut pas se fier au titre du film de Dominic Savage, « Une femme heureuse » (« The Escape »), puisque Tara, le personnage joué par Gemma Arterton, confie justement « Je ne suis pas heureuse » à son mari, qui n’y entend rien, ne comprend rien. Pourtant, Tara, charmante jeune mère de famille, aurait tout pour l’être, heureuse, puisqu’elle a un mari (interprété par Dominic Cooper), deux adorables petits enfants, une confortable maison dans la banlieue de Londres , une certaine idée du bonheur, donc.

Mais cette ménagère de moins de trente ans traverse « une mauvaise passe », lassée par les gosses, l’école, les courses, le linge, le ménage, l’amour…  Elle s’ennuie, se sent prisonnière de sa vie, étouffée par son rôle de mère au foyer, entre en dépression option désespérance. Un matin comme les autres, elle laisse tout en plan à l’heure du petit-déjeuner, quitte enfants et mari sans prévenir, et prend le premier Eurostar pour une escapade à Paris, où elle file admirer la fameuse tapisserie de « La dame à la licorne », et se laisse baratiner par un Parisien charmeur (joué par Jalil Lespert).

Peu de dialogues dans ce film où les situations sont essentiellement ordinaires, quotidiennes, et les scènes en grande partie improvisées. Dominic Savage a tourné un magnétique portrait de femme, grandement aidé par la présence de Gemma Arterton, un simple récit où l’émotion est à fleur de peau. Fuyant une vie beaucoup trop tranquille, Tara fait son chemin en toute liberté, et l’on sent qu’elle va enfin parvenir à être « une femme heureuse ».

Patrick TARDIT

« Une femme heureuse », un film de Dominic Savage, avec Gemma Arterton (actuellement en salles).

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