Edition du mercredi 23 mai 2018

Carte postale de Gérardmer

Le Festival du Film Fantastique voit « la vie en Vosges ».

Mathieu Kassovitz, président du festival de Gérardmer 2018 (capture France 24)

Mathieu Kassovitz, président du festival de Gérardmer 2018 (capture France 24)

« Vosgiens, Vosgiennes… », c’est comme on pouvait s’y attendre avec un poil d’humour que Mathieu Kassovitz a mis fin à un « incident diplomatique ». Avant même sa venue à Gérardmer, où il préside le jury longs-métrages du 25ème Festival International du Film Fantastique (jusqu’au 4 février), l’acteur-réalisateur avait eu une parole « malheureuse », qui avait heurté la sensibilité locale.
Messieurs-dames les élus lui avaient lancé quelques piques lors des discours officiels à la cérémonie d’ouverture, histoire de tuer la référence éternelle à l’ex-festival d’Avoriaz, et de démentir le soi-disant déficit neigeux des Vosges par rapport aux Alpes. D’ailleurs, la neige est tombée dans la nuit suivante, le décor était bien blanc jeudi matin, et les festivaliers qui le souhaitaient pouvaient aller faire du ski.

Les aventures d’un panda géant

Afin de confirmer que les Vosgiens ont vraiment de l’humour, une amusante pub est diffusée avant chaque projection, dans laquelle une mignonne petite fille prépare une tarte aux brimbelles à Rob, son gourmand zombie domestique. Le tout libellé par le slogan départemental : « La vie en Vosges ».
Autre clip récurrent, un teaser de « Atomic Panda vs Killer Coccinelles », ou les aventures d’un panda géant et atomique, une websérie réalisée par le Nancéien Thierry Vigneron pour le Studio 4. Histoire de rappeler que la Région Grand Est se positionne bel et bien comme une « terre de tournages », avec 409 jours de tournage en 2017, et un fonds de soutien régional de 4,8 millions d’€uros. Pendant le festival, le bureau régional d’accueil des tournages a ainsi organisé un « voyage d’inspiration dans les Vosges », pour y plonger « en immersion » huit producteurs, réalisateurs et scénaristes.
Diffusée sur France 2, la série « Zone Blanche » avait été tournée dans la région de Gérardmer, en décors naturels, forêt, lac, montagne… C’est en Lorraine également qu’a été tourné « Aux animaux la guerre », série réalisée par Alain Tasma, d’après le roman de l’écrivain nancéien Nicolas Mathieu, et qui sera diffusée prochainement sur France 3. Et c’est dans la Marne, dans la ferme familiale, qu’Hubert Charuel a tourné « Petit Paysan », premier film pluri-nominé aux prochains Césars.

Du cinéma de genre à la française

Affiche du film Revenge

Affiche du film Revenge

Grand Prix du Festival 2017, le dérangeant « Grave » de Julia Ducournau a donné un coup de sang au cinéma français et vient d’obtenir six nominations aux Césars. A lui seul, ce film donne la réponse à la table ronde organisée à Gérardmer : « Le cinéma de genre français : mythe ou réalité ? ». C’est une réalité, bien visible au Festival de Gérardmer où sont sélectionnés « Revenge » de la jeune cinéaste Coralie Fargeat, « Ghostland » de Pascal Laugier (réalisateur des films d’horreur « Martyrs » et « Saint Ange »), le film de zombies de Dominique Rocher « La nuit a dévoré le monde », ou bien encore le film d’animation coréalisé par Guillaume « Run » Renard, « Mutafukaz ».
Dans les salles, les fans ont vite retrouvé leurs petites habitudes, tel ce spectateur qui, dès que l’obscurité se fait, lance un grand rire sardonique avant chaque projection. Le Festival a commencé « gentiment » avec des maisons hantées, des histoires de famille et d’enfants en déshérence, « Le Secret des Marrowbone » du réalisateur espagnol Sergio G.Sanchez, et « The Lodgers » du cinéaste irlandais Brian O’Malley. Puis l’heure de la récré a sonné avec la comédie gore « Tragedy Girls » de Tyler MacIntyre. Avant que ne sonne celle de la vengeance et de l’invasion des zombies.
Et comme les Vosgiens sont aussi prêteurs, les films présentés en compétition au Festival de Gérardmer seront bientôt projetés à la prestigieuse Cinémathèque Française à Paris, du 7 au 11 février.

Patrick TARDIT

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