Edition du dimanche 19 novembre 2017

Trois récits d’Algérie

« En attendant les hirondelles », Prix de la presse au Festival du Film Arabe de Fameck.

Le film de Karim Moussaoui évoque l'Algérie d'aujourd'hui.

Le film de Karim Moussaoui évoque l’Algérie d’aujourd’hui.

Comme s’ils semblaient se passer un relais, trois récits s’enchaînent dans le film de Karim Moussaoui, « En attendant les hirondelles » (en salles depuis le 8 novembre).  Mourad, divorcé, mais en meilleur terme avec son ex-femme qu’avec sa nouvelle compagne, est témoin d’un passage à tabac, une nuit, dans un terrain vague, ne sait pas trop quoi faire, sinon culpabiliser. Aïcha, moderne et jolie jeune fille, prend la route vers son mariage arrangé et un avenir tracé ; le chauffeur qui l’emmène n’est autre qu’un ancien petit ami, auquel elle est encore attachée. Dahman, brillant neurologue, s’apprête lui aussi à se marier, mais une femme le ramène à un épisode tragique, dont il fut le témoin impuissant.

Sélectionné à Un certain regard, au dernier Festival de Cannes, et Prix de la presse au Festival du Film Arabe de Fameck, ce film a l’Algérie d’aujourd’hui à la fois pour décor et pour sujet. Jeune cinéaste algérien, Karim Moussaoui fait une traversée du pays, Alger, la banlieue, les quartiers toujours en chantier, les Aurès désertiques, les nouvelles autoroutes, les villages isolés… Il raconte des « vies bousculées », fait des portraits d’hommes et de femmes ordinaires, tandis que tournent ces hirondelles, annonciatrices des printemps arabes.

Il y a du désenchantement dans l’observation qu’il fait de la société algérienne, et parfois quelques touches d’espoir, comme cette séquence musicale où explose une fanfare rock à la Kusturica. Mais les trois histoires se succèdent sans de véritable lien, les récits sont suspendus, et du coup, laissent un peu le spectateur en plan. Le film s’achève alors qu’un quatrième personnage se met en route, pour une autre histoire…  En attendant les hirondelles.

Patrick TARDIT

« En attendant les hirondelles », un film de Karim Moussaoui (en salles depuis le 8 novembre).

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