Edition du dimanche 19 novembre 2017

« Daddy cool », trop cool

Une comédie familiale et bon enfant avec Vincent Elbaz et Laurence Arné.

Vincent Elbaz en nounou vraiment pas comme les autres.

Vincent Elbaz en nounou vraiment pas comme les autres.

Dans la série comédie romantique avec séparation possible, voici « Daddy cool », un film de Maxime Govare (actuellement en salles). Vincent Elbaz y joue un quadra qui n’a pas grandi dans sa tête, vieil ado très attardé, disquaire en faillite, en couple avec Maude (incarnée par Laurence Arné), dessinatrice de bédé à succès qui se dit qu’il est temps de devenir maman.

Son compagnon ne semblant pas être le père idéal, fatiguée de tant d’insouciance, elle veut le mettre dehors de chez elle et de sa vie. Lui se dit que pour la reconquérir, l’idée géniale est d’ouvrir une crèche à domicile, dans l’appartement où ils cohabitent. Nounou vraiment pas comme les autres, il fait surtout des bêtises, que des bêtises, avec des gosses dont il ignore même par quel bout ça se prend : « Du caca, pas d’chocolat !».

« Une image de personnage immature »

« J’avais très envie de tourner avec Vincent Elbaz », confiait Maxime Govare, lors de l’avant-première à l’Ugc Ciné-Cité de Ludres, « Il traverse les époques, tous les réalisateurs de comédies tournent avec lui, à chaque décennie on retrouve Vincent, qui a cette image de personnage immature, qu’il incarne formidablement bien. Il fallait quelqu’un en face qui puisse avoir ce charme physique, et je trouvais qu’il y a quelque chose de Cameron Diaz en Laurence Arné, elle est à la fois super drôle, très bonne comédienne, et en même temps très jolie ».

« J’aime bien l’idée d’un héros complètement libre », ajoute le réalisateur, « Dans ces comédies, le personnage principal doit toujours évoluer, on croit que le personnage de Vincent va faire sa révolution, et finalement il reste identique lui-même, c’est juste qu’il faut l’aimer pour ce qu’il est ».

« Ce qui m’attirait, c’est la question de la paternité. Et après, il y avait le challenge de tourner avec des enfants de trois ans et demi », sourit Maxime Govare, qui est donc allé à l’encontre d’une des règles du cinéma : « Les enfants, ça amène de la comédie, de l’émotion, et ça parle à tout le monde : on a déjà des enfants, on veut en avoir, on a été un enfant, on l’a tous vu de près ou de loin ».

400 jeunes enfants ont ainsi participé à un grand casting : « L’idée c’était que ce soit les enfants qui aient envie et pas les parents, ensuite on a privilégié les enfants qui avaient le plus de personnalité », précise le réalisateur, « Ils étaient ravis d’être là et ça s’est super bien passé, mais j’ai eu peur tous les jours parce que les enfants c’est merveilleux et complètement inattendus, on ne sait jamais ce qui va se passer avec eux, et surtout on ne les a qu’une heure et demie par jour ».

Michel Leeb chante Brel

Le baby-sitter en formation va aussi devoir cohabiter avec le nouvel amoureux de son ex, joué par Grégory Fitoussi, un beau gosse en « effet miroir » : « Il est tout ce que n’est pas Vincent dans le film, il est sérieux, il fait tout bien, il est juste pas rock, du coup il est un peu chiant alors qu’il est très amoureux, ils sont tous les deux touchants à leur façon. Dans ces films là, il y en a souvent un qui n’est pas sympathique, alors que là les deux sont sympas », dit Maxime Govare.

« Il veut bien faire », ajoute Grégory Fitoussi, interprète de ce mec trop parfait : « C’est le personnage le plus éloigné de moi que j’ai jamais eu à jouer, c’était intéressant », assure l’acteur, « Que ce soit à la télé ou au cinéma, on a tendance à proposer aux acteurs ce qu’ils ont déjà fait, alors qu’on est très avide de jouer des rôles différents, c’est ça qui nous amuse, j’étais ravi de faire ce personnage qui est un peu l’anti-héros ».

Egalement au casting, Michel Leeb, en père de Vincent Elbaz, qui a droit à une belle séquence : le soir de son anniversaire de mariage, il chante à sa belle « La chanson des vieux amants », de Brel. « J’avais envie d’un personnage très lourd et en même temps extrêmement émouvant, et qui puisse chanter, je ne voyais que Michel Leeb pour faire ça », dit Maxime Govare, « J’avais envie d’une balance entre les moments d’émotion et ceux de rire parfois très régressifs, parce que je pense que la vie est un peu comme ça ».

Autre chanson évidemment présente, celle de Boney M. qui donne son titre au film, « Daddy Cool » : « Ca me faisait plaisir d’avoir le titre d’une chanson que tout le monde connaisse, c’est une institution incroyable, et je trouvais que ça résumait bien le personnage, il est de plus en plus cool », dit le réalisateur.

Patrick TARDIT

« Daddy cool », un film de Maxime Govare (actuellement en salles).

Un film de Maxime Govare.

Un film de Maxime Govare.